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2007-05-17 10:42:53 : Franchir la ligne le premier...

Même celle de la course du camping cet été...
Qui ne l'a pas un jour imaginé ?

bien sûr, certains ne l'avoueront jamais.
Les rêves, c'est secret m'a dit, un jour, ma fille.

Parmi nous,
beaucoup ne connaitront jamais cette sensation,
d'autres n'en sont pas loin,
quelques uns savent.

Cette histoire que je vais vous raconter n'est pas celle d'un champion avéré ou confirmé
mais plutôt celle, personnelle, d'un anonyme du peloton, honnête coureur départemental à ses heures.

Je n'écris pas ces lignes pour tirer quelques louanges d'une course passée ou tenter de me comparer aux très bons coureurs de ce forum.
je me rappelle, tout simplement...

Mai 2002, Quimperlé (Finistère), forêt de Toulfouën.
Nous sommes une centaine rassemblés dans une petite carrière verdoyante.
Le Job* a organisé son cross annuel dans ce joli cadre forestier pour distribuer son titre départemental.
Il y a les bons et les moins bons, puis il y a moi qui espère...
Je fais partie des outsiders, ceux qu'on appelle familièrement Poupou
J'ai bien eu quelques succès d'estime sur des courses de quartiers mais je n'ai pas encore l'Aura de mes concurrents directs.
Ils sont trois, ils sont forts, ils sont beaux.
3 spécimens, 3 références.
Jean-pierre P., Baroudeur, spécialiste des raids nature, vainqueurs de plusieurs courses locales, un rustique pur et dur qui ne s'avoue jamais vaincu.
Bertrand D., redoutable vétéran, qui vient du demi-fond, capable de courir en moins de 33' sur 10km.
Puis il y a Christophe E., 01h10 au semi, triathlète de son état, au palmarès impressionnant. Incontestablement le favori.
même si j'ai l'avantage psychologique d'avoir battu en compèt les deux premiers nommés, personne ne me vois sur le podium cette fois çi.
Pourtant, moi j'y crois.
Le départ vient d'être donné et c'est un inconnu qui prend le commandement du groupe.
Il y a toujours un gars comme ça pour faire douter son monde.
mais ça m'arrange, je n'aurais pas à faire le train.
Le parcours fait pas loin de 8km et demi et la première partie est descendante
Nous sommes bientôt plus que 4 à filer à vive allure vers la difficulté qui nous attends.
Une longue et difficile remontée vers l'arrivée.
Je décide de prendre la main et durcit le rythme.
Jean-pierre est le premier à craquer, il ne reviendra plus.
le podium se dessine.
A mi parcours, christophe se retourne vers moi avec un petit sourire
C'est sa dernière course parmis nous, il aimerait bien finir en beauté.
un pacte de non agression s'établit jusqu'au pied de la côte.
c'est là qu'il place une première attaque.
Je tente de rester dans le sillage mais je suis un piètre grimpeur et l'écart se creuse rapidement.
10 mètres, 20 mètres, 50 mètres...Bertrand décroche, c'est pas son jour.
A ce moment, je pourrais me résigner et assurer ma place.
L'effort est intense pour essayer de garder un semblant de contact mais je remarque que l'écart s'est stabilisé.
Mieux, je suis en train de reprendre du terrain.
Plus de calculs, je prends tout les risques pour revenir à sa hauteur.
il reste moins de 2km
Quand je le rejoins, je comprends tout de suite qu'il a un problème.
son visage est blême et grimaçant. Il semble se replier sur lui même, sa foulée est heurtée, il est à la limite de la rupture.
Nos regards se croisent.
pas besoin de parler.
Devant moi, s'ouvre un boulevard.
Surtout ne rien relâcher, toujours se sentir sous la menace d'un retour.
Je file entre les arbres pour les 500 derniers mètres plats ,sans me retourner.
Dans quelques instants, je vais franchir la ligne d'arrivée en tête à la surprise générale.
J'esquisserais un sourire, je ne lèverais même pas les bras.
ma joie restera intérieure...

Cette course, je les refais plusieurs fois dans ma tête depuis.
un concours de circonstances, des adversaires moins affutés que d'habitude et moi sur la forme ascendante.
Ce jour là restera un moment fort.
On pouvait bien rechercher toutes les excuses du monde et leurs absents
Mes chevilles pouvaient enfler
maintenant, je savais...


Jean-pierre continue à garder son bon niveau
il vient de monter une section trail et raid à polytechnique
Bertrand, devenu strasbourgeois, a connu le podium en National*
il court actuellement le 5000m en 16'15 à 45 ans
quand à Christophe, il traine ses guêtres à la Réunion
aux dernières nouvelles, il faisait partie du team quecha avec un certain vincent delebarre et dachiri sherpa

Moi,
je suis retourné dans l'anonymat du peloton
continuant de faire illusion sur quelques courses de quartiers
à ressasser mes souvenirs d'avant à ceux qui m'écoutent parfois mi-intrigués, mi-amusés.
D'ailleurs, j'ai pleins d'autres anecdotes encore,
Comme cette fois ou je suis devenu Vice champion de Bretagne de 10000m
savoureuse histoire ma foi...

Sourire
mais je vais m'arrêter là avant de tomber irrémédiablement dans la rengaine
Il y a peut être une morale à cette histoire
peut être pas...
Je pourrais être un fieffé égocentriste que ça m'étonnerait pas

pour ceux qui auront lu jusqu'au bout
continuez de voir à votre façon et d'affirmer votre différence

La plus belle des courses n'est pas celle que l'on croit.


*PS: pour ceux qui ne le savait pas encore (ou ne voulait pas en entendre parler) je travaille pour cette vieille institution qui date de 1791.
oui, je sais
personne n'est parfait
vous non plus d'ailleurs
ce qui peut s'avérer rassurant quand on y pense...

Les réactions

Par Brinouille, le 2007-05-17 11:52:11
Moi je vais continuer à gagner dans mes rêves et dorloter mon nombril dont tout le monde se fout ; )

Par Voilà les anges..., le 2007-05-17 12:07:06
dis mielou, ne serait-ce pas un subterfuge nous emmener sur d'autres chemins ?

Par mielou, le 2007-05-17 13:00:25
bonjour brinouille
d'après certains informateurs, il est pas si mal que cela ton nombril
sourire
ton raisonnement se rapproche de la bonne voie

tiens, les anges...
ça faisait longtemps.
freddie va être contente
moi ? machiavélique ?
jamais pendant le travail...

Par L'Castor Junior, le 2007-05-17 13:31:44
Bonjour mielou,
Je suis de l'avis de Brinouille : mon petit nombril a parfois besoin d'être dorloté, j'y retourne.
Mais, pour pouvoir en profiter davantage, j'essaie parfois de le laisser un peu tranquille, et de regarder autour de moi. Je pense n'être pas le seul dans ce cas.
En revanche, nul doute que mon nombril est moins, enfin plus, enfin différent de celui de notre Miss ;-))
Quant à franchir la ligne le premier, je retourne faire dodo : j'en ai besoin, et c'est là que je rêve le mieux ;-))

Par romain, le 2007-05-17 14:11:54
Le rêve fait vivre
Je rêve donc je vis

Les Héros font rêver et font espérer
Tous ceux comme moi qui sont en bas de la falaise
mais c'est si bon de lever la tête et de voir tous ces champions !

Par Oliver, le 2007-05-17 14:30:53
Vive Mielou, vive la Maréchaussée et vive la France !

Par mielou, le 2007-05-17 15:20:27
bonjour L'Castor
l'homme qui pourrait être à l'origine de mon arrivée sur la course horaire
j'ai rajouté un autre dessin rien que pour toi
quel égoïste que je suis !

bonjour romain
falaise, ça fait bord de mer...
ça me fait penser que j'irai me faire engloutir à la fin du mois dans ce pompeux championnat de France de semi aux Sables...
il y en aura des nombrils ce jour là à mater !

bonjour Oliver
toujours aussi patriotique à ce que je lis !
un jour il faudra bien que je te raconte...

Par floflo, le 2007-05-17 15:40:03
Belle course vue du devant.. que la plupart d'entre nous ne voit jamais..

Par gérardM, le 2007-05-17 16:09:11
salut Mielou
ce sont de bons moments de sport.
Pour le nombril, c'est comme pour tout , il y en a des beaux et des laids, pas la peine d'en parler donc.

se regarder dans une glace c'est bien , à condition de réfléchir sur ce que l'on y voit.

chacun rêve d'un moment de gloire, peu le réalise, en plus de quelle gloire parle t -on ....
tout est très relatif, il faut donc s'en convaincre,
vouloir paraître à tout prix, ce n'est pas être.
Ëtre et avoir été
en hiver ou en été.
L'essentiel c'est le ciel, surtout lorsqu'il est bleu.
SOYONS HEUREUX
GM

Par mielou, le 2007-05-17 16:24:25
bisou floflo
j'ai vu des gars intrinsèquement moins fort gagner des courses.
ils étaient là au bon moment
et les absents auront toujours torts
ce que j'aime regarder, c'est l'envie qui brille dans les yeux de celui qui aurait pu...

bonjour gérard
c'est vrai, tout est relatif
champion de son quartier ce n'est pas champion du monde
Sauf peut être, pour ceux qui vous aiment...

mais plus loin que cette image, je retiendrais le fait que n'importe quel vainqueur, aussi petit soit il, sera de toute façon contesté un jour ou l'autre
mais cela est déjà une autre histoire...

Par Le Cri de la Carotte, le 2007-05-17 16:52:48
Salut Mielou,
Tiens l'autre jour, j'ai croisé une tortue (une vrai et pas de Floride) sur le bord de la route.
Elle était à pied et moi en vélo.
A la voir immobile, j'ai eu l'impression qu'elle attendait son pote le lièvre.
J'espère qu'elle est restée sur le côté de la route, les voitures n'ont que faire des fables.

Bonne route.

Par gérardM, le 2007-05-17 17:14:53
mielou,
la victoire sur les autres n'est pas l'essentiel , c'est éphémère comme tu le sais.
L'important c'est la victoire sur sio même, celle que l'on obtient honnêtement , avec courage et surtout en ayant donné le meilleur de soi même dans les règles de l'art.
sans ces critères, on a pas gagné, mais si on le croit dur comme fer.
et le fer, ce n'est pas de l'or.
gm

Par romain, le 2007-05-17 18:02:12
mielou ,
"dans ce pompeux championnat de france "
rires sourrires délires :)
si tu veux tu me laisses ta place :)

Par mielou, le 2007-05-17 18:29:21
salut le rare Cri
je connais aussi des lièvres qui savent arriver à point...
mais on va encore dire que je fabule
par contre, c'est vrai
les voitures n'ont pas de consciences

pour Gérard
Encore faut il ne pas avoir à croiser le fer pour arriver à ses fins...

pour romain
dans le mot pompeux, je retiens championnat de france
avec tout l'imaginaire qui en découle
pourtant, en tant que coureur anonyme, j'y participerai
même si je relativise l'évènement
A savoir: cette course est Open donc ouverte à tous comme le dernier championnat de france de 10km à Morlaix.

Par romain, le 2007-05-17 18:42:27
Mon prof d'économie nous racontait qu'avec le temps une profession qui se féminise est une profession qui se dévalorise et dont les salaires baissent . Pourtant les tâches restent les mêmes , et la pénébilité du travail aussi .

En course à pied , une course open à toute la populasse est une course qui ne vaut plus rien ? pourtant les kilomètres ne raccourcissent pas , et le vent peut être de face ...

si j'étasi à ta place , je ne relativiserai absolument pas , et je le crierai partout , avec fierté , c'est un aboutissement d'un travail long , et qui je te le souhaite continueras encore longtemps :-)

@+++

Par romain, le 2007-05-17 18:43:38
un exemple : le secrétariat
d'antan on disait LE secrétaire , aujourd'hui c'est LA secrétaire .

Par bello59, le 2007-05-17 19:29:18
trés beau récit, j'en ai eu des frissons à le lire, ça donne vraiment envie , meme pour une petit course comme tu dis ...

continue ...

Par gérardM, le 2007-05-17 19:50:29
Mielou,
Arriver à ses fins, c'est poursuivre des objectifs et les atteindre, mais croiser le fer n'est plus à la mode, c'était au temps......
L'escrime n'est pas un crime, je m'escrime à le dire
c'est vrai qu'à une époque révolue , il fallait choisir ses armes et ses témoins , après avoir jeté son gant et avant le duel.
gm

Par Belon, le 2007-05-17 20:13:35
Très beau récit de course, mielou. C'est quand même trop cool quand le film a une belle fin !

Par Delphine, le 2007-05-17 22:08:54
Salut Mielou,

Beaucoup de sourires en lisant ce billet. Ne change rien..Pf! Je te l'ai déjà dit ça non?? :o)

Delphine

Par PARISI, le 2007-05-17 22:33:43
C'est super bien raconté , comme d'habitude !!
Et tellement vrai .
Et avec toujours une touche d'humour !!
Merci Mielou !!!
Parisi

Par gérardM, le 2007-05-18 09:52:53
ah les souvenirs...
Les favoris pas en forme que l'on devance facilement parceuq'ils sont dans un mauvais jour, et que l'on est en état de grâce, oui cela fait parfois la différence.
c'est ainsi que j'ai pû devancer des coureurs comme : jacky BOXBERGER, michel JAZY, ivo VANDAME, jean FAYOLLE pourtant champion du cross des nations, jean michel CHARBONNEL sélectionné olympique sur marathon, avec ses 2 h 12',
Alain mimoun, jean paul VILLAIN pourtant champion d'europe du 3000 m steeple et des centaines d'autres.

oui, un jour ou l'autre , on peut se fabriquer un super souvenir, et même plusieurs, chacun à son niveau, car les vrais miracles, n'éxistent pas, juste de belles satisfactions, mais pas de quoi se regarder le nombril.
restons fiers mais modestes
Gérard

Par L'Castor Junior, le 2007-05-18 10:10:56
mielou, fais attention : ça va faire un an que je tourne en boucle sur des circuits tous plus courts les uns que les autres, et je n'ai toujours pas réussi à remettre la main sur ce fichu nombril.
Cause perdue ?

Par mielou, le 2007-05-18 10:37:09
Cause perdue n'est pas cause entendue...
bonjour L'castor
je ne suis pas si libertaire que ça, tu sais !

je vois que le fougueux romain aime la fierté;
je répondrais dans un prochain billet au sujet de ce fameux championnat de France

Alors que l'Envie soit avec toi bello59...merci.

merci à toi aussi belon
j'aime bien aussi les films qui donnent envie de repartir sur une autre histoire.

Oui, tu me l'as déjà dit Delphine.
mais si tu me le disais plus, je commencerais peut être à me poser d'autres questions ?
sourire

Moi ?
de l'humour ?
je suis quelqu'un de très sérieux mr PARISI
sauf quand je souris...

Rien que les noms invoqués nous entrainent sur des chemins légendaires.
Puis, ils nous restent ces traces qui s'effacent avec les nouvelles foulées...
Oui gérard,
nous sommes tous des forrest gump.

Par romain, le 2007-05-18 10:59:15
Oui Mielou , je pense que la fierté est une bonne chose qu'en elle est bien pensée .
Mais je parle de la fierté d'être soi même , et non d'être quelqu'un aux yeux des autres , même si dans un second temps , cela n'est pas un pêché , et non plus une marque de prétention ou de supériiorité quelconque .
Il est des efforts qu'il faut savoir récompenser , être courageux dans l'isolement au prix d'une belle souffrance , vaut bien une goutte de fierté non ?

je cite :
"La vanité consiste à vouloir paraître ; l'ambition, à vouloir être ; l'amour-propre, à croire que l'on est ; la fierté, à savoir ce que l'on vaut."

je crois que l'on sait tous au fond de nous ce que l'on vaut , d'après ce que l'on pense et ce que l'on fait .
si nos actes sont biens ou mauvais , si notre conscience est pure ou impure .

Le manque de fierté est un manque de confiance en soi . Mais la fierté n'a pas de juste milieu c'est vrai , on en a trop ou pas assez , c'est la sagesse de la personne qui saura bien pesée ce sentiment plus ou moins exacerbée selon les personnes .

Les gens ont certainement peur d'être fier de leurs actes , car ils ont peur qu'on les taxent de prétentieux , d'impertinents ... c'est la jalousie qui les anime , je pense qu'une fierté mesurée mais pas silencieuse n'est pas néfaste , au contraire , elle pousse d'autres personnes adminratives à se donner les moyens pour avancer dans la vie et être fier d'elles également .

@+++

Par romain, le 2007-05-18 11:02:08
Depuis tous la nuit des temps , les Héros existent , de la mythologie , en passant par l'antiquité , jusqu'à nos jours .
cependant , aujourd'hui où sont passés nos Héros si indispensables à guider nos pauvres âmes qui se perdent .
certains se raccrochent à la religion . et voyez ce que cela donne ...

Par romain, le 2007-05-18 11:03:07
bon je réfléchis trop , de bon matin en plus :)) bon zattends ton prochain billet avec impatience !!! :-)
@+++

Par GGBI, le 2007-05-18 11:07:05
Comme tu dis, gagner une course n'est pas donné a tout le monde.
Quel beau souvenir.

Je ne m'y voit pas, ou alors il faudrait de sacrés défaillances devant.

Par contre, il doit être possible de franchir le premier la ligne .... de départ.
Il faudra que j'y pense.

Par Le Fonz', le 2007-05-18 11:26:58
J'adore le nom de la forêt !

Par calou, le 2007-05-18 14:28:58
L'empoisonnement.... L'empoisonnement de l'ensemble des concurrents avant le départ (sauf moi, bien sûr): Un poison qui agirait très vite une fois le coup de feu donné !
C'est le seul moyen que je vois pour réussir un jour à passer la ligne d'arrivée la première...
Si vous avez d'autres idées, je suis preneuse...

Par ric², le 2007-05-18 15:51:11
Dans les colonnes de L’Essor, un journaliste décrivait récemment la carrière exemplaire de l’athlète Mielou, n’hésitant pas à le qualifier de « Miruts Yifter » de « la Jaune » pour ses qualités exceptionnelles de finisher. Il a su en toute situation, vêtu de son flottant réglementaire, incarner pleinement la devise « Honneur et Patrie, Valeur et Discipline ».

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2007-05-14 10:18:54 : La Sagesse du coureur à pied - 2 photos - 24 réactions

En rédigeant ces lignes, je n'ai pu esquiver ce sourire que le bien pensant n'aime pas.
Il était évident que ce titre relèverait de l'Utopie.
Mais courir après les chimères peut avoir du bon...

Je ne tomberai pas dans l'exemple facile.
Avec cette fâcheuse habitude de ressortir Le cas personnel pour justifier nos actes.

Si nous sommes prêts à accepter nos erreurs, j'avoue qu'il est beaucoup plus difficile de les reconnaître.

J'ai beau regarder l'horizon et me persuader que je peux le toucher, rien n'y changera.
Ce ne sont que des mots, lâchés dans la nature.
Du vent qui effleure les cheveux.
Puis tant pis si ça éclabousse les âmes chagrines.

Car ce n'est pas celui qui court le plus vite qui détient la Sagesse.
ni vous d'ailleurs...
Et ça me rassure, quelque part, de ne pas me sentir seul.

Quand je vois sur le forum des débats animés se transformer en polémiques avérées, j'avoue que j'ai une irrésistible envie de me plonger dedans.
Rien que pour croire, un instant, avoir le dernier mot.
Parfois, l'idée est tentante de rallumer le feu mais elle s'estompe rapidement, devant la brutalité de la réalité.

Que nous sommes Bien dans notre petit monde.
Dans nos runnings, propres sur nous, persuadés de notre bon sens.

La seule chose que je peux vous certifier, c'est qu'on avance...inéluctablement.

Alors, je m'amuse à tenter de trouver une différence entre convictions et certitudes
en donnant cette impression énervante de "me la jouer" au dessus de vous.
Mon sourire n'est jamais anodin.
Vous êtes là pour me le rappeler.

Que ces quelques lignes
"que vous lirez peut être
si vous avez le temps..."
ne vous transforme pas en déserteurs.

Même si :
nous le faisait remarquer jean Rostand

"Réfléchir, c'est déranger ses pensées."

2007-05-12 09:46:56 : Alors je cours... - 1 photo - 15 réactions

ne t'arrêtes pas !
fonce tout droit sans te poser de questions...

j'ai encore dans la tête ces phrases du sergent instructeur

qu'est ce qu'il en sait lui maintenant au chaud à l'arrière.

ça fait des mois que l'on s'entraine pour aller là bas
dans ce Vieux pays avec ces histoires de Rois et de révolutions

moi, ça me fait ni chaud ni froid
je me fous que leurs filles soient belles.
ma fiancée est de Savannah
et c'est la plus jolie

j'ai eu vingt deux ans hier
on bien bu pour fêter ça
mais aujourd'hui,
dans cette barque en fer
on est tous malades

Et ce bruit sourd à l'extérieur qui paralyse
j'ai du mal a respirer
qu'ils ouvrent et qu'on en finisse !

enfin la lumière
aveuglante
sortir à tout prix du bruit et de la fureur
Alors je cours
autour de moi
des sifflements rageurs

bon dieu ! qu'est ce que je fous là !
le sol se dérobe sous mes pieds
je n'entends plus rien
les genoux plantés dans le sable
mon regard s'attarde vers les dunes
Maman, j'ai peur...
Maman...

2007-05-10 10:08:55 : Débriefing - 1 photo - 26 réactions

Les interclubs, c'était déjà hier.
Je retrouvais la piste pour une séance VMA :
des mille en série
six fois à 3'35" avec récup 200m footing léger
terriblement classique...

Une connaissance m'avait fait remarquer que je courais mes mille moins vite à l'entrainement qu'en compétition.
Je lui avais répondu que c'était peut être cela le secret...
devant son regard intrigué, je m'étais contenté de sourire.

ça sentait l'herbe fraichement coupé sur le stade de maisalf.
ça sentait aussi la fin de saison.

il me restait bien ce semi des sables d'olonnes pour tenter de faire bonne figure
mais l'esprit Vacances l'emportait sur la perf.

Sur un terrain stabilisé, l'école de rugby commencait son entrainement.
J'étais impressionné par l'age des bambins qui s'entremélait pour ce ballon même pas rond.
L'école de la vie...
il devait avoir 5 ans à tout casser le dernier du groupe qui s'était rassemblé autour du coach.
au milieu des chaussettes hautes colorées, parées du maillot de leur club favori, émergeait des têtes féminines.
Le coach parlait et tout le monde écoutait silencieusement.

L'idée m'avait effleuré de me rapprocher de ce rude sport.
mais une stature fragile et une passion plus forte pour la rondeur d'une balle m'avait orienté vers un autre chemin.
pourtant, j'aimais le contact aussi rustique soit-il...

Le tour de piste défilait sans grande conviction
j'étais dans les temps mais sans grande sensation.
j'écourtais ma séance comme ça
simplement parce que je l'avais décidé.

La sagesse de l'ancienneté sûrement...
enfin, c'est ce que je me disais en regagnant le confort ouaté de mon appart'

Courir pour Vivre n'est pas Vivre pour Courir.

C'était décidé
je partirai une semaine en bord de mer avec la tribu.
Ce semi resterait le prétexte
et tant pis pour les perfs
aujourd'hui,
le coach c'était moi...

2007-05-07 14:35:09 : L'invité de dernière minute - 1 photo - 17 réactions

Un samedi soir
sur la piste confidentielle du stade de Bondy
je suis en deuxième ligne
nous sommes 24
le départ est imminent

je viens d'échanger rapidement mon débardeur avec celui du coach pour une histoire de numéro de dossard
une petite anecdote
une petite pointe de pression supplémentaire

le matin même, un bref coup de téléphone confirmait ma participation aux interclubs
ça tombait bien
j'avais repas de famille à midi
je disais -oui, à ce soir alors...
sous le regard circonspect de madame mielou
pour les concessions, on repassera
je débarrasserai la table un peu plus que prévu ou alors lui rappellerai avec sous entendu, son dernier MDP

aucune excuse, aucune raison
j'aime courir
pourquoi devrais je m'en plaindre ?

mon dernier interclubs c'était en 99 sur le stade de saint ouen
un inter-départemental
engagé sur le 5000m, j'y avais réalisé ma meilleure perf sur la distance
un 16'32" sans pointes qui me laissera quelques regrets dans ma quête officielle d'un moins de 34' sur 10km

ce soir, le contexte est différent
je n'ai plus d'intéret personnel à défendre
on m'a demandé de venir pour "faire le travail"
alors, je suis là
j'entends déjà les ames chagrines
bouche-trou, faire-valoir...
il n'y a que le terrain qui m'intéresse
les paroles s'envolent quand on est compétiteur

et il va en falloir de l'envie
courir un interclubs en promo national 2 vous donne une certaine idée du challenge à relever

dans les minuscules tribunes du stade de Bondy, il y a mes parents et un de mes neveux
pour me rappeler que j'ai grandi à 400m de cette piste qui à vu mes premières foulées quand celle çi était en terre
j'ai bien envie de faire le show rien que pour eux
mais le 5000m piste n'est pas une course comme les autres

je rejoins mon coach pour un dernier footing et quelques accélérations
lui aussi est engagé sur ce 5000
les vieux au pouvoir !
je plaisante beaucoup
lui un peu moins
au niveau des sensations, il est un peu dans l'expectative
pourtant le deal est simple
bien partir et tenir le plus longtemps possible

avant notre épreuve, le club est en deuxième position derrière le GANG(!) de noisy le grand
à peine 100 points nous sépare
un dirigeant nous le fait remarquer juste comme ça
une petite poussée d'adrénaline ça ne peut pas faire de mal

dans un coin du stade, sylviane Félix récite ses gammes
elle fait partie de ce fameux GANG
noyée dans les couleurs chatoyantes et colorées des 12 clubs présents, elle aussi est là pour le job
elle sait qu'avec son statut, elle attire les autres vers le haut

on s'appoche doucement de la ligne
coincé entre deux maillots verts de l'AS Pierrefitte, je ne me fais pas d'illusion
c'est clair, je vais me prendre un tour

c'est parti dans un brouhaha digne d'un grand meeting
et ça va vite d'entrée, très vite
je me cale derrière un maillot jaune de st maur
tandis que le coach vient me souffler dans le dos
03'25" au premier mille
les encouragements fusent à chaque tour
allez vincent !, allez l'ASA !, allez maisons alfort !
ne rien lacher, pas encore...
3000m en 10'25"
c'est bon, j'ai pas pris un tour, le coach ne m'a pas encore rattrapé mais je commence un peu à piocher
le temps d'y penser et les trois premiers me dépose comme une fleur dans un virage
il reste pas beaucoup de tours
c'est pas le moment de flancher
mais relancer sur une piste quand vous êtes au maximum de vos possibilités n'est pas un exercice facile surtout quand c'est vous l'acteur
le dernier tour approche et mon maillot jaune se rapproche
un dernier coup ?
je joue le présomptueux en le doublant à la sortie du dernier virage
mais ces jambes de jeune senior me ramène à la dure réalité dans la ligne droite
17'30" au final
un score correct ma foi
pour la première fois, le coach finit derrière moi
je vais pouvoir enfin me vanter
à ce moment, je sais que l'on vient de marquer des points importants
les athlètes du GANG ont pris un tour par ceux de l'ASA
ils ne reviendront plus
comme le soulignera le président du club, l'expérience et la motivation de la vieille garde a parlé

sur la piste, les relais s'activent pour les dernières épreuves
filles et garçons, c'est du costaud
à eux de terminer le boulot

je rejoins la voiture
une famille assoupie m'attend à la maison
il est déjà si tard
un dernier regard vers une fenêtre qui s'éteind dans la barre HLM
c'est la fenêtre de ma chambre
celle de toute mon enfance
entre nostalgie et rangaine, j'aurai pu pleurer sur mon sort

j'aime me rappeler ces souvenirs d'avant pourtant
de ce premier but officiel en junior sur cette pelouse
de ces premières foulées
quand la piste était en terre...

la clameur s'élève dans la nuit
je souris encore
il est bien tard pour se souvenir

2007-05-02 18:32:09 : le pied sur la ligne - défi du Schlossberg - 1 photo - 20 réactions

pas de records en perspective ni de chronos qualificatif pour ce drôle de 10km couru ce premier mai dans cette ville mondialement connu des fans de patricia Kaas

si ce n'est le fait que mes beaux parents habitent FORBACH, je crois bien qu'en tant que banlieusard patenté, je ne serais jamais passé par cette ville

on peut imaginer aisément une ville de bassin houllier, âpre triste et sans âme aux mines fermées depuis longtemps et traînant sa misère à fleur de peau

pourtant son regard est tout autre

lors d'une reco la veille, sur LA principale difficulté de l'épreuve, une côte de 16 pour cent qui vous casse la moyenne pas seulement par enchantement, j'ai croisé une dizaine de coureurs et coureuses
TOUS m'ont dit bonjour et l'on sentait que cela venait du coeur
ici on ne se sent pas les fesses
on est....tout simplement
le lendemain, lors du rassemblement des coureurs pour leur donner les dernières infos sur le parcours, même respect entre adversaires d'un jour

nous ne sommes pas nombreux au départ
à peine 100 et seulement 8 féminines !
course pratiquement confidentielle qui souffre d'une non publicité évidente
pourtant elle mérite d'être connue un peu plus loin que la moselle cette épreuve

le parcours pittoresque et sélectif à souhait emprunte des chemins verdoyants pour rejoindre le parc du Schlossberg
dès le kilomètre 4, les 16% vous chopent direct aux mollets, calmant toute velléité offensive pour ma part
une petite relance à mi hauteur pour aborder la montée dans les ruines du chateau et nous voilà taillé dans un cadre somptueux
à peine le temps de récupérer qu'il faut replonger dans la pente vertigineuse
on croise les premiers et les poursuivants histoire de bien se situer
un petit tour encore dans la verte et c'est déjà l'arrivée
on aurait presque des regrets
je suis persuadé qu'en grattant un peu plus sur les collines avoisinantes il y aurait moyen de voir plus loin...

organisé par le club de triathlon local qui ne dispose pas de moyens financiers conséquents, j'ai trouvé l'accueil simple, précis concis
il suffirait d'un "bouche à oreille" plus raisonnant pour attirer la jeunesse et toutes ces charmantes joggeuses que j'ai pu croisé la veille
il y a encore quelques frontières à franchir mais j'ai bon espoir


PS:
dorénavant
à chaque fois que je m'alignerais sur une épreuve
je l'intitulerais "le pied sur la ligne"
comme une rubrique
où j'essaierais de vous faire vivre cette compétition de l'intérieur
non plus à coup de chronos ou de temps de passage mais plutôt à la sensation

en espérant que ce concept vous plaira

votre serviteur
mielou

prochaine compétition prévue
semi des sables d'olonne le 26 mai

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