La course à pied Les blogs courseapied.net : mielou

Le blog de mielou

Flux rss du blog, des réactions

Les derniers billets

Mes catégories

  • A venir

Mes liens


Le forum courseapied.net

Le chat courseapied.net

Les blogs courseapied.net

2007-06-04 13:57:55 : Contre courants

Alors que je venais d'acheter le dernier Jogging International, le vendeur, un brin malicieux, m'apostropha dans ces termes :
- C'est vrai que la majorité des coureurs ont voté pour pour le nouveau président ?
Je me contentais de sourire.
j'aurai pu lui répondre dans la foulée, du style -sûrement une bonne moitié, je pense !
Mais j'avais l'humeur badine.
Amusé, je continuais mon chemin en tentant d'imaginer en short, les différents chefs de l'Etat que j'avais côtoyé.

Ce matin, il pleuvait fort.
J'avais trouvé une soluce pour atténuer le point de douleur qui m'agacait la vie depuis plusieurs jours.
Dispositif provisoire avant d'aller voir l'Ami des pieds.
Je me rappelais encore les mots du docteur en 94 après l'IRM qui avait diagnostiqué cette vilaine rupture du LCA.
- Fini la course à pied...
Sur le parcours autour de l'hippodrome de Vincennes, la pluie tombait sans discontinuer.
Je ne croisais qu'un seul coureur au visage renfrogné.
C'était pas un temps à sourire, pourtant, qu'est ce que j'étais bien !
Je me rappelais ces temps Anciens ou courir n'était ni un sport, ni un loisir.
Un dessin, tiré de l'emblématique encyclopédie du jogging (7ème édition) m'avait marqué.
Il était sensé représenté le premier jogger.
On voyait un homme des cavernes s'enfuir devant un dinosaure affamé.

Courir pour Vivre...
Et si c'était ça ?

Trempé, de la tête aux pieds, je regagnais le confort et les murs protecteurs.
J'avais beau dire, j'étais loin des préoccupations de mes lointains ancêtres, sur le qui-vive perpétuel, grelottants au fond d'une grotte, luttants pour leur survie.

L'eau serait chaude, sans doute grâce ou à cause de cette électricité à 70 pour cent nucléaire et je n'avais pas encore la sagesse nécessaire pour trouver les solutions alternatives.
Dans ce petit monde que je m'étais créé, je me souciais plutôt de mon Moi.
Il me restait juste assez d'insolence pour affirmer que nous avions 100 pour cent de chance d'expirer, un jour ou l'autre, notre dernier souffle.

Sur ces pensées, fatalement rassurantes, je laissais le soin aux professionnels de la Question nous raconter le pourquoi du comment qui nous pousse à s'enfuir sur les chemins.

Loin du tumulte, je regardais autour de moi.
J'aimais courir...
tout simplement.

Les réactions

Par Martine, le 2007-06-04 14:07:12
Courir pour vivre, certainement une petite part de vérité!!toujours aussi plaisant de te lire.
Martine

Par L'Castor Junior, le 2007-06-04 14:08:14
Ah, l'encyclopédie du jogging...
Qu'y trouve t'on à l'entrée "Président de la République" ?
Jadis, le dinosaure était affamé.
Aujourd'hui, le coureur a faim de courir.
Finira-t-il comme un dinosaure ?
Un mammouth ?
Et comment ont-ils fini d'ailleurs ?
Sur ce, je retourne courir... en rêves...

Par Belon, le 2007-06-04 14:08:21
Comme quoi, la pluie, ça rafraichit les idées...

Par GGBI, le 2007-06-04 14:10:06
Toujours fin calculateur ce mielou, avec 53% des votes exprimés, on peut effectivement imaginer que environ la moitié des coureurs ont voté pour le nouveau président.

Mais qu'a fait l'autre moitiée ?

Par romain, le 2007-06-04 14:10:35
Salut Mielou ,
tu as eu une rupture du LCA ? bah dis donc rien que d'y penser j'ai mal pour toi !
mais tu as l'air de t'en être bien remis depuis le temps .

et oui , tous les êtres vivants , mammifères , végétaux , insectes, être humains , sont physiquement constitués de sorte de pouvoir survivre : défense , ou attaque ... afin de satisfaire leur besoin primaire : manger .

Cela peut être la couleur , pour des gros fainéants tels que le camélon , qui se confondra avec la flore pour passer inaperç et happer avec sa langue sa proie ...

pour l'homme c'est la course , aller vite pour poursuivre ses proies et les chasser pour se nourir ...

mais les temsp changent et l'homme aussi ... il grossi :-)

@+++

Par FreddieCatherine, le 2007-06-04 14:12:38
..contre courants..(..)tout simplement.

ou,

simplement contre,
courant tout....

ou,

courant simplement,
contre tout.

ou,

simplement tout contre,
courant..

Par floflo, le 2007-06-04 14:23:50
Je me suis toujours demandé si on courrai après quelque chose ou si on cherchait à échapper à quelque chose..
Terrible constat.. en fait on tourne en rond..

Par Baghera, le 2007-06-04 14:28:28
une virgule, petite baguette accrocheuse de sens,
et ses grandes consequences...
"j'aimais, courir tout simplement
j'aimais courir, tout simplement
j'aimais courir tout, simplement
j'aimais, courir, tout, simplement

Est ce un hasard si Mielou, lui, reste 'en suspension'...apres courir??

Par Baghera, le 2007-06-04 14:31:52
@floflo : pourquoi : ou? 'et' me semble plus proche souvent de la realité; s'echapper du quotidien pour attraper un autre quotidien...peut etre??

Par FreddieCatherine, le 2007-06-04 14:34:07
..les points de suspension..

il me les a volés!

..si si si!

..sourire..

Par krusti, le 2007-06-04 14:36:53

A la limite du Hors sujet mais je m'étonne qu'une rupture de LCA condamne la pratique de la CAP.
Moi même je n'ai plus de LCA coté gauche et c'est bien l'un des rares sports (sport dans l'axe donc) que je peux encore pratiquer.

Hors sujet, mais ça prouve que je te lis et donc que j'y prends du plaisir.

;-)) @mitiés.

Par Le Fonz', le 2007-06-04 14:50:01
Salut Mielou !
mesdames et messieurs !

La Baghé t'as fait très fort avec ta virgule !

Courir pour vivre ? Mielou as tu bien vécu ?

Par gérardM, le 2007-06-04 15:15:40
courir est un acte très naturel, pour prendre la fuite, pour aller plus vite d'un point à un autre surtout si on est pressé.
les animaux courent, il est logique que les hommes et les femmes courent également, donc rien d'exceptionnel.
Ensuite il s'agit d'être plus rapide ou plus résistant ou plus endurant que son voisin , alors on s'entraîne, le mieux est d'y trouver du plaisir et surtout d'améliorer sa condition physique, sa forme physique.

OUI courir aide à mieux vivre, à condition de ne pas commettre d'excès et que cela puisse durer très longtemps.
j'aimais courir
j'aime encore courir
et j'aimerai courir encore très longtemps
mais sans oublier d'aimer (tout court)
GM

Par gérardM, le 2007-06-04 15:49:03

Ce n'est pas moi au dessus. J'ai ecrit que je quittais ce forum et je n'ai qu'une parole et les écrits restent.

GM.

Par mielou, le 2007-06-04 16:10:05
bonjour charmante Martine
flatté que cela te plaise...même si je suis un peu menteur parfois ?
sourire

bonjour THE Castor
Il parait que certains dinosaures couraient très vite.
mais jamais plus vite qu'un rêve...

bonjour Belon
tu as raison, par grand soleil et forte chaleur, j'ai l'esprit vagabond.

bonjour GGBI
il y a des sourires enjôleurs parfois irrésistibles...

bonjour romain
ça fait juste mal quand on y pense...
Nous étions chassé avant de devenir chasseurs.
que nous réserve l'Avenir ?

bonjour déesse Freddie
qui aime toujours autant le contrepied
même celui sous la table...
et les trois points, je les vole si je veux !

bonjour philosophe floflo
Si on échappait à son destin, à quoi bon courir ?
sourire appuyé

bonjour belle baghera
toujours aussi incisive.
le hasard fait toujours bien les choses...
au degré que tu veux !

bonjour sieur krusti
ce sont les docteurs qui condamnent...
Tu n'es pas si hors sujet que cela.

bonjour black Blouson
aurais je tant vécu ?

bonjour gérardM
J'ai oublié de compter même quand j'aimais...

Par homo-capiens, le 2007-06-04 16:13:01
m'a toujours pas rattrapé, la grosse bestiole !

Par GérardM, le 2007-06-04 16:24:06
Je suis en tournée d'adieu mais je vous préviens que je vais bientot m'en aller. Au revoir.

Par l'AB, le 2007-06-04 16:46:09
Miélou nageur de combat... tu sais ceux qu'on utilise pour poser les mines...

Par GérardM, le 2007-06-04 17:29:18
Attention je vais bientôt partir, ne me retenez pas. Je vais aller sur le forum de JI je vous l'ai pas dit.

Par mieloup, le 2007-06-04 17:39:11
poser une mine...
certes !
la fabriquer...
ma foi !!
mais la penser...
effrayant !!!

Par gérardM, le 2007-06-04 17:45:30
l'imposteur met une majuscule à gérard, et il ferait bien d'arrêter ses âneries, je fais ce que je veux dans la vie, et s'il ne l'a pas encore compris, c'est qu'il ne comprendra jamais rien à rien.
gm

Par Mika B, le 2007-06-04 17:45:38
Salut Miélou..Toujours au top tes blogs. Le courant, je suis le mieux plaçé pour en parler. Toute ma vie, j'ai fourni du bon jus(heu!AC/DC). j'ai méme parfois connu quelques eclairs:( Court-circuit), c'est le cas en ce moment(cours-plus).
Alors, je savoure les récits sans fausses notes, comme une douce musique
COURANT(boulot) pour vivre tout simplement, ou vivre en COURANT..Mika

Par Delphine, le 2007-06-04 22:09:00
Salut Mielou,

c'est marrant même sans photo on imagine très bien les scènes que tu décris.
Courir pour qui? pour quoi? Pourquoi? Faut pas se poser la question puisque la(les) réponses ne seront comprises que par ceux qui courent :o)

Par romain, le 2007-06-05 10:10:46
L'Avenir ?
c'est déjà optimiste de parler d'Avenir ...

Par mielou, le 2007-06-05 10:55:54
Tant que le courant passe...
Bon concert Mika

Bonjour miss Delphine
Si je ne me posais pas ces questions est ce que j'écrirais ?

Bonjour romain
petite citation d'un philosophe Français.[Henri Bergson]
- L'idée de l'avenir est plus féconde que l'avenir lui-même

Par gérardM, le 2007-06-05 11:18:40
à contre courant, contre vents et marrées, il faut bien se marrer
le courant passe
je passe en courant
courir après le temps perdu
vers un avenir toujours plus intéressant
c'est optimiste, mais c'est bien mieux ainsi.
gm

Par Enzo, le 2007-06-05 11:18:55

Comme d'habitude beaucoup de plaisir à te lire, même si le faux sens me guette parfois, sans doute ....

Par mielou, le 2007-06-05 11:40:14
bonjour à toi enzo
pas de faux sens...
juste une histoire de degré
L'important est ta réaction.

par exemple, gm aime l'idée d'Avenir.
il réagit en conséquence.
Toi, tu n'oses pas car tu te dis qu'il y a une autre pensée derrière ces mots.
sans doute...
mais mon avis n'est pas Universel

Par gérardM, le 2007-06-05 12:02:12
Je n'ai qu'une parole je dois partir.
Je suis en tournée d'adieu mais je vous préviens que je vais bientot m'en aller. Au revoir.

Par gérardM, le 2007-06-05 12:21:26
Ça y est, je suis presque définitivement parti. Un dernier sac à charger dans la BX Leader et je pars. Définitivement cette fois. C'est ainsi
ainsi va la vie
la vie va
je pars sous les vivas
sans visa.
Ha la Visa quelle voiture quand meme. Au revoir. Adieu même puisque j'en ai décidé ainsi et pas autrement
gm

Par PARISI, le 2007-06-05 13:21:47
Vraiment MIELOU , tu as des dons pour écrire et raconter si bien !!!

Bravo et merci !!!

Parisi

Par Donnez moi, dieu vous le rendra (peut être), le 2007-06-05 13:38:57
Il a des dons pour écrire ? Alors là c'est facile !
moi aussi si on me fait des dons je peux ecrire super bien si je veux.

Par Delphine, le 2007-06-05 13:55:48
Coucou

Si si Mielou, tu peux écrire :o) Mais ce que je voulais dire c'est que tes réponses ne seront comprises que par des gens qui sont dans la même passion que toi..ou ceux qui sont ouverts d'esprit aussi, c'est un fait :o)

Par gérardM, le 2007-06-05 17:09:15
l'esprit ouvert , certes, mais pour quoi faire ?
Et combien ont réellement l'esprit ouvert ?
l'esprit en éveil c'est déjà pas si mal, car un certain nombre ont l'esprit bridé, bloqué, pas étonnant qu'ils n'arrivent nul part.
Pas de passé pas d'avenir, le néant.
gm

Votre pseudo :

Votre commentaire


Combien fait un plus trois ? (en toute lettre)



Les 5 billets précédents

2007-05-30 20:22:12 : Si les Sables m'étaient contés... - 1 photo - 27 réactions

Si je n'avais pas connu le meilleur comme le pire, j'aurai pu me trouver une "foultitude" d'excuses à l'issue de ce championnat de France de semi
Un peu moins d'01h30...sans doute loin de ce qu'on pouvait attendre d'un qualifié, mais était ce vraiment le but recherché ?

J-3 : Sables d'olonne
Le cadre est estival et la mer magnifique.
Il y a 05h encore, je galérais avec ma tribu dans la grisaille et les embouteillages de la Capitale.
Nonchalamment attablé à une terrasse ensoleillé d'une bien sympathique paillote, devant une assiette de merluchons sauce beurre blanc et un verre bien frais de rosé, j'observe, amusé, la plage qui s'anime.
Tandis que de splendides jeunes filles faussement candides, promènent leurs blondeurs dans d'inoffensives vaguelettes sous les noires lunettes avisées d'apollons incroyablement bronzés, je ne peux que me réjouir d'être là.

J-1 :
Le temps a changé,
le vent s'est levé et a ramené le doute et son lot de stress.
Le dernier footing à confirmé la blessure insidieuse qui s'est glissée sous mes pieds.
j'ai beau regarder ces superbes vagues s'écraser avec délectation sur les rochers et me dire que c'est bien beau, je ne peux m'empêcher de ramener tout à ma petite personne.
Demain, je ne pourrais plus faire illusion et cela commençait à m'angoisser.
Je redevenais Humain, enfin...

Jour de la course :
Emmitouflé dans mon coupe vent bien rouge de l'ASA, j'essaye tant bien que mal de me protéger de ce vilain sable cinglant.
Planqué dans une improbable crique laminée par les embruns, derrière ce minuscule rocher, j'arrête pas de grommeler sous l'oeil furibond de madame fortement agacée par mes jérémiades d'avant course.
Je suis un Terrien, moi.
Que pouvais je comprendre aux Hommes de la Mer...
Il est temps pour moi de m'éclipser et de me plonger dans ce que je connais le mieux.
L'ambiance de la compèt
Je rejoins le stade et sa cohorte de coureurs affutés prêts à en découdre.
J'y retrouve un Sedef étincelant dans son beau maillot orange. Je suis admiratif devant ce jeune V2, arrivé sur le tard en CAP et qui dégage pourtant une sérénité de vieux briscard.
C'est son premier France et il donne cette étrange impression d'en avoir couru plusieurs.
Nous rejoignons le rapide F@bien et son charismatique paternel pour l'échauffement.
Face aux violentes rafales, une chose est sûre....nous ne battrons pas nos records aujourd'hui.
De plus en plus perplexe, je rejoins la ligne de départ à pas de vieux loup .
Sur le boudin on peut lire cette inscription.
L'ESSENTIEL C'EST DE PARTICIPER
Je ne peux réprimer un sourire.
Déjà les coureurs se pressent, se jaugent...la tension devient palpable.
J'ai beau relativiser, je suis en train de me demander ce que je fous là !
Nous sommes 2500 avec les Open et moi derrière les meilleurs.
mais pour combien de temps ?
Le départ est lancé en faux plat, l'avenue est large mais on piétine un peu. Le temps de prendre un rond point et nous voilà en bord de mer.
Une foule impressionnante se dresse de part et d'autre des barrières, surtout ne pas s'affoler et trouver le bon rythme, mais le peloton est compact, il faut attendre.
03'56" au premier kilo, c'est toujours ça de pris !
Et nous voilà parti dans un quartier résidentiel beaucoup plus calme. Peu à peu les groupes s'organisent.
Au kilomètre 3, passé en 11'50", je tente de me caler derrière deux V2 et une senior féminine d'Orléans accompagnée de son coach mais la douleur qui s'est invitée sournoisement depuis plusieurs jours maintenant, a décidé de se rappeler fortement à mon bon souvenir.Je commence à trouver mes Wave aéro pas si bien que ça finalement, chaque impact m'obligeant à compenser dangereusement.
KM 5 - 19'55" - J'ai mal aux pieds et ça m'agace.
nous ne sommes pas encore sur la superbe promenade des Sables, ouverte pour l'occasion, à tous les vents de la planète, que je me demande à quoi m'accrocher pour limiter une casse qui se dessine bien sombrement.
Il ne manquerait plus que je me plaigne !
Et cette foule incroyable, massée sur les trottoirs du remblai pour nous regarder souffrir en beauté.
L'occasion unique aussi, dans cet interminable allez retour de croiser les Stars, sublimes dans l'effort puis les suivants tout aussi beaux.
j'aperçois F@bien à leur poursuite, m'a t'il entendu l'encourager ?
Et cet allez qui n'en finit plus, dire qu'il va falloir revenir pour un second tour...mortel !
Sur le retour c'est Sedef que j'entrevois, plus concentré que jamais, il ne devrait plus tarder à revenir sur moi.
Jusqu'au KM 10 (39'58") j'aurai cette vision de ce long ruban de coureurs et de coureuses magnifiés par un soleil qui pointe ses rayons pour rendre l'épreuve encore plus ardente.
De retour dans la zone résidentielle propice à la confidentialité, j'ai le temps de me faire un point de situation perso.
Les nouvelles sont guères rassurantes, j'hésite entre un syndrome de Morton ou la non moins célèbre aponévrose plantaire, à moins que ce ne soit tout bêtement une dégénérescence de mes chers coussinets.
Dans ce délire psychomatique à glacer d'effroi plus d'un Tiendu, je prends conscience que j'arrive au kilomètre 13, endroit statégique par excellence, situé à environ 500m de l'arrivée.
Les premiers abandons se succèdent.
un dernier coup d'oeil à sa montre et le senior qui me devance met les warnings dans un souffle blasé.
Triste réalité de la Course au temps...
Moi ? j'y pense même pas ! Il me suffit d'imaginer ces gars et ces filles sur un cent bornes, à courir 24h ou traverser des déserts pour me sentir bien riquiqui avec mon grain de sable dans la chaussure.
Puis c'est un championnat de France tout de même ! un peu de tenue !
Une heure pile, je viens de franchir la barre des 15...plus d'un en rêverait.
je viens de passer sur la réserve aussi, et ce n'est pas le sucre avalé à la volée qui changera la donne. Pas de miracle. ce n'était pas mes 45 minutes de footing et ma VMA de demi fondeur qui pouvaient me prouver le contraire.
Je connais trop bien ces instants ou la foulée se fait pesante avec cette sensation désagréable de ne plus avancer comme vidé de son énergie.
c'est aussi le moment que choisit Sedef pour me déposer avant l'épingle à cheveux qui nous emmène sur le long retour vers l'arrivée.
Droit dans ses running, appliqué, il ne me laisse même pas son sillage en offrande. J'ai beau crâner en lui donnant un charmant maillot violet en ligne de mire, il s'envole déjà alors que les enceintes crachent l'arrivée du premier.
Il reste 5km et je repense à cet interclub et ce prometteur 17'30" réalisé il y a 3 semaines à peine.
quel drôle de sport !
Je viens de passer en mode footing et je me sens bien fatigué sur le coup.
il me reste bien la barre symbolique des moins d'01h30. Je trouve ce défi envisageable, surtout que je suis rejoins dans cette entreprise par quelques Open qui trouve mon dossard V1 à leur gout.
Nous finirons ensemble ni trop vite ni trop doucement, simplement contents de l'avoir fait sans trop souffrir.
La route avait été longue et elle n'était pas finie pour des centaines d'autres.
J'étais content d'avoir terminé cette très belle épreuve exigeante à souhait; de celle qui forge les caractères.
Il manquait peut être la manière mais je me rappelais les propos d'un ami :
Cours,
cours en pensant à nous, anonymes qui ne connaitrons jamais les honneurs...

C'est avec le sourire que je retrouvais les héros du stade autour de la table de ravitaillement.
Nous pouvions nous trouver toutes les excuses du monde.
Nous étions là,
et c'était déjà grand...

J+3 : Entre l'A6 et l'A86
Je retrouve le temps maussade et les bouchons crispants
Les vacances sont finies
Il va bien falloir rencontrer cet ami des pieds.
J'aurai aimé un tee shirt finischer ou une médaille commémorative.
Je me contenterai de ce post pour me souvenir que j'y étais.
Il suffit de peu de choses parfois,
pour être heureux.

2007-05-21 08:32:45 : -C'est quand même plus facile de se qualifier en vétéran ! - 1 photo - 23 réactions

Ces paroles peuvent toujours raisonner à mes oreilles.
à quoi bon aller plus vite...

j'irai, de toute façon, aux Sables d'Olonne le 26 mai.

Cela s'est joué à la minute, au semi de Paris.
Un bon départ, des lièvres de luxe et assez de fond pour terminer correctement.
Que demander de plus.

je cours depuis assez longtemps pour savoir que je ne battrais plus mes records.

On pourrait débattre des heures sur l'utilité de participer à un championnat de France, surtout quand on passe limite.
Mais rien que d'y penser me fatigue déjà.

Je ne tomberai pas, comme en politique,
dans le triomphalisme facile ou la critique amère.

C'est une sensation toute personnelle que je retiendrais.
Celle de ne rien devoir à personne dans ma démarche.

La course à pied est un loisir que je pratique en compétiteur.
Courir pour une couleur ou pour un clocher ne m'a jamais choqué.
Et, vous vous en doutiez, je ne suis pas le genre à attendre une guerre pour aller défendre un drapeau...

Je suis fier de faire partie des heureux qualifiés pour cette grande fête.
Tout en relativisant l'évènement.
Quand vous êtes conscient de votre niveau, vous pouvez aborder n'importe quelle épreuve.

Il n'y a rien de surhumain à faire moins de 01h21 au semi à plus de 40 ans.
Tout les week end, nous sommes des centaines à le réussir.
Après, c'est une question d'appréciation.
J'y vais ? j'y vais pas ?
Nous sommes seul juge de notre motivation.

Il y a bien cette douleur insidieuse qui est venu s'inviter sous mes grands pieds, ces derniers jours.
Qui me fait prendre cette moue désabusée quand je rentre d'un simple footing.

Est ce une raison pour refuser l'obstacle ?

Je me rappelle toute ces séances de fractionnés, toutes ses sorties au seuil qui m'ont emmené vers l'objectif.
Ce championnat c'est ma cerise perso.

Pas de records, pas de pressions.
j'y suis,
et cela suffit à mon bonheur.

Alors,
J'irai toucher la mer du bout des orteils.
Ferai la course dans les vagues avec ma petite conscience.
en me disant que, finalement,
Le reste n'a plus vraiment d'importance.

2007-05-17 10:42:53 : Franchir la ligne le premier... - 2 photos - 31 réactions

Même celle de la course du camping cet été...
Qui ne l'a pas un jour imaginé ?

bien sûr, certains ne l'avoueront jamais.
Les rêves, c'est secret m'a dit, un jour, ma fille.

Parmi nous,
beaucoup ne connaitront jamais cette sensation,
d'autres n'en sont pas loin,
quelques uns savent.

Cette histoire que je vais vous raconter n'est pas celle d'un champion avéré ou confirmé
mais plutôt celle, personnelle, d'un anonyme du peloton, honnête coureur départemental à ses heures.

Je n'écris pas ces lignes pour tirer quelques louanges d'une course passée ou tenter de me comparer aux très bons coureurs de ce forum.
je me rappelle, tout simplement...

Mai 2002, Quimperlé (Finistère), forêt de Toulfouën.
Nous sommes une centaine rassemblés dans une petite carrière verdoyante.
Le Job* a organisé son cross annuel dans ce joli cadre forestier pour distribuer son titre départemental.
Il y a les bons et les moins bons, puis il y a moi qui espère...
Je fais partie des outsiders, ceux qu'on appelle familièrement Poupou
J'ai bien eu quelques succès d'estime sur des courses de quartiers mais je n'ai pas encore l'Aura de mes concurrents directs.
Ils sont trois, ils sont forts, ils sont beaux.
3 spécimens, 3 références.
Jean-pierre P., Baroudeur, spécialiste des raids nature, vainqueurs de plusieurs courses locales, un rustique pur et dur qui ne s'avoue jamais vaincu.
Bertrand D., redoutable vétéran, qui vient du demi-fond, capable de courir en moins de 33' sur 10km.
Puis il y a Christophe E., 01h10 au semi, triathlète de son état, au palmarès impressionnant. Incontestablement le favori.
même si j'ai l'avantage psychologique d'avoir battu en compèt les deux premiers nommés, personne ne me vois sur le podium cette fois çi.
Pourtant, moi j'y crois.
Le départ vient d'être donné et c'est un inconnu qui prend le commandement du groupe.
Il y a toujours un gars comme ça pour faire douter son monde.
mais ça m'arrange, je n'aurais pas à faire le train.
Le parcours fait pas loin de 8km et demi et la première partie est descendante
Nous sommes bientôt plus que 4 à filer à vive allure vers la difficulté qui nous attends.
Une longue et difficile remontée vers l'arrivée.
Je décide de prendre la main et durcit le rythme.
Jean-pierre est le premier à craquer, il ne reviendra plus.
le podium se dessine.
A mi parcours, christophe se retourne vers moi avec un petit sourire
C'est sa dernière course parmis nous, il aimerait bien finir en beauté.
un pacte de non agression s'établit jusqu'au pied de la côte.
c'est là qu'il place une première attaque.
Je tente de rester dans le sillage mais je suis un piètre grimpeur et l'écart se creuse rapidement.
10 mètres, 20 mètres, 50 mètres...Bertrand décroche, c'est pas son jour.
A ce moment, je pourrais me résigner et assurer ma place.
L'effort est intense pour essayer de garder un semblant de contact mais je remarque que l'écart s'est stabilisé.
Mieux, je suis en train de reprendre du terrain.
Plus de calculs, je prends tout les risques pour revenir à sa hauteur.
il reste moins de 2km
Quand je le rejoins, je comprends tout de suite qu'il a un problème.
son visage est blême et grimaçant. Il semble se replier sur lui même, sa foulée est heurtée, il est à la limite de la rupture.
Nos regards se croisent.
pas besoin de parler.
Devant moi, s'ouvre un boulevard.
Surtout ne rien relâcher, toujours se sentir sous la menace d'un retour.
Je file entre les arbres pour les 500 derniers mètres plats ,sans me retourner.
Dans quelques instants, je vais franchir la ligne d'arrivée en tête à la surprise générale.
J'esquisserais un sourire, je ne lèverais même pas les bras.
ma joie restera intérieure...

Cette course, je les refais plusieurs fois dans ma tête depuis.
un concours de circonstances, des adversaires moins affutés que d'habitude et moi sur la forme ascendante.
Ce jour là restera un moment fort.
On pouvait bien rechercher toutes les excuses du monde et leurs absents
Mes chevilles pouvaient enfler
maintenant, je savais...


Jean-pierre continue à garder son bon niveau
il vient de monter une section trail et raid à polytechnique
Bertrand, devenu strasbourgeois, a connu le podium en National*
il court actuellement le 5000m en 16'15 à 45 ans
quand à Christophe, il traine ses guêtres à la Réunion
aux dernières nouvelles, il faisait partie du team quecha avec un certain vincent delebarre et dachiri sherpa

Moi,
je suis retourné dans l'anonymat du peloton
continuant de faire illusion sur quelques courses de quartiers
à ressasser mes souvenirs d'avant à ceux qui m'écoutent parfois mi-intrigués, mi-amusés.
D'ailleurs, j'ai pleins d'autres anecdotes encore,
Comme cette fois ou je suis devenu Vice champion de Bretagne de 10000m
savoureuse histoire ma foi...

Sourire
mais je vais m'arrêter là avant de tomber irrémédiablement dans la rengaine
Il y a peut être une morale à cette histoire
peut être pas...
Je pourrais être un fieffé égocentriste que ça m'étonnerait pas

pour ceux qui auront lu jusqu'au bout
continuez de voir à votre façon et d'affirmer votre différence

La plus belle des courses n'est pas celle que l'on croit.


*PS: pour ceux qui ne le savait pas encore (ou ne voulait pas en entendre parler) je travaille pour cette vieille institution qui date de 1791.
oui, je sais
personne n'est parfait
vous non plus d'ailleurs
ce qui peut s'avérer rassurant quand on y pense...

2007-05-14 10:18:54 : La Sagesse du coureur à pied - 2 photos - 24 réactions

En rédigeant ces lignes, je n'ai pu esquiver ce sourire que le bien pensant n'aime pas.
Il était évident que ce titre relèverait de l'Utopie.
Mais courir après les chimères peut avoir du bon...

Je ne tomberai pas dans l'exemple facile.
Avec cette fâcheuse habitude de ressortir Le cas personnel pour justifier nos actes.

Si nous sommes prêts à accepter nos erreurs, j'avoue qu'il est beaucoup plus difficile de les reconnaître.

J'ai beau regarder l'horizon et me persuader que je peux le toucher, rien n'y changera.
Ce ne sont que des mots, lâchés dans la nature.
Du vent qui effleure les cheveux.
Puis tant pis si ça éclabousse les âmes chagrines.

Car ce n'est pas celui qui court le plus vite qui détient la Sagesse.
ni vous d'ailleurs...
Et ça me rassure, quelque part, de ne pas me sentir seul.

Quand je vois sur le forum des débats animés se transformer en polémiques avérées, j'avoue que j'ai une irrésistible envie de me plonger dedans.
Rien que pour croire, un instant, avoir le dernier mot.
Parfois, l'idée est tentante de rallumer le feu mais elle s'estompe rapidement, devant la brutalité de la réalité.

Que nous sommes Bien dans notre petit monde.
Dans nos runnings, propres sur nous, persuadés de notre bon sens.

La seule chose que je peux vous certifier, c'est qu'on avance...inéluctablement.

Alors, je m'amuse à tenter de trouver une différence entre convictions et certitudes
en donnant cette impression énervante de "me la jouer" au dessus de vous.
Mon sourire n'est jamais anodin.
Vous êtes là pour me le rappeler.

Que ces quelques lignes
"que vous lirez peut être
si vous avez le temps..."
ne vous transforme pas en déserteurs.

Même si :
nous le faisait remarquer jean Rostand

"Réfléchir, c'est déranger ses pensées."

2007-05-12 09:46:56 : Alors je cours... - 1 photo - 15 réactions

ne t'arrêtes pas !
fonce tout droit sans te poser de questions...

j'ai encore dans la tête ces phrases du sergent instructeur

qu'est ce qu'il en sait lui maintenant au chaud à l'arrière.

ça fait des mois que l'on s'entraine pour aller là bas
dans ce Vieux pays avec ces histoires de Rois et de révolutions

moi, ça me fait ni chaud ni froid
je me fous que leurs filles soient belles.
ma fiancée est de Savannah
et c'est la plus jolie

j'ai eu vingt deux ans hier
on bien bu pour fêter ça
mais aujourd'hui,
dans cette barque en fer
on est tous malades

Et ce bruit sourd à l'extérieur qui paralyse
j'ai du mal a respirer
qu'ils ouvrent et qu'on en finisse !

enfin la lumière
aveuglante
sortir à tout prix du bruit et de la fureur
Alors je cours
autour de moi
des sifflements rageurs

bon dieu ! qu'est ce que je fous là !
le sol se dérobe sous mes pieds
je n'entends plus rien
les genoux plantés dans le sable
mon regard s'attarde vers les dunes
Maman, j'ai peur...
Maman...

Tous les billets

www.courseapied.net - info@courseapied.net