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2007-06-07 09:25:41 : Mes courses seront toujours plus belles que les vôtres

Et si j'avais envie d'aller courir plus loin que l'horizon
oublier un temps, ce présent qui se glisse entre mes pieds

Me moquer de cette seconde si précieuse
que l'on gagne
que l'on perd

Ne plus avoir mal
à vouloir se comparer
à vouloir se préjuger

Et si j'avais envie d'y croire
l'espace de cet instant
même si c'est pas vrai
même si je me mens

Je ne serai jamais celui que j'aurai voulu être
quelle importance ?
Je cours sur les nuages
et tant mieux
si je suis l'un des vôtres...

Les réactions

Par romain, le 2007-06-07 09:33:40
Bonjour Mielou ,
Ce fut trop court , ouin ouin :o)

"Je ne serai jamais celui que j'aurai voulu être quelle importance"
cette phrase est tellement vraie , dans la course à pied , le sport et la Vie en général .
C'est un sentiment de perte , de déséstime de soi même , une chose très dure , de se faire à l'idée que jamais nous ne serons ce que nous voudrions être mêem quand nous le pensons l'être , mais entre la réalité , et l'âme , il y a un fossé infranchissable parfois .
Alors on recule , ou on saute , et qui vivra saura .
@+++

Par Le temps qui passe, le 2007-06-07 09:47:49
Essaie de me retenir !

Par Cocolan, le 2007-06-07 09:57:08
Superbe la photo!

Par Belon, le 2007-06-07 10:28:17
Depuis tout petit, il y a un 2ème personnage en moi, il a un autre nom (que je tairai), il réussit tout (sport, sexe, etc...), il est toujours dans mes rêves conscients à certains moments tranquilles de la journée...
Ainsi je suis tranquille, quand je ne réussit pas tout, je me contente de tout le positif qui m'est offert par la vie !
Merci Mielou d'avoir fait le lien entre le rêve et la réalité !!!
@ +

Par Krusti, le 2007-06-07 12:37:49

"Ne plus avoir mal"
l'objectif suprême.

Bonjour Miélou.

Par Baghera, le 2007-06-07 13:47:55
"deviens celui que tu es"
j'y travaille chaque jour, avec plus ou moins de succes; le bonheur, c'est le chemin, et si en prime il y a le resultat, là c'est le Nirvâna (=l'absence de souffrance car absence de désir ou desir satisfait, ce qui revient au même)

Par Wimm, le 2007-06-07 15:59:23
"Je cours sur les nuages"

Donne moi ta solution pour y arriver ca a l'air sympa comme sport ;)

Par Fred, le 2007-06-07 16:31:44
@ Wimm :
Il pleut
Le ciel se reflète
Dans les flaques
Courir
Dans les nuages…

Salut Miel-où !
Fred

Par romain, le 2007-06-07 18:48:04
@Baghera : merci pour cette réaction , philosophique certes mais tellement vraie , le nirvana, ne s'attacher en rien entre autre , comme cela aucune déception ou souffrance .

Par kuanza, le 2007-06-07 22:05:17
Miélou,
La gloire est éphémère, seule la renommée est durable. (Guerlain)
Amitiés
Kuanza

Par Ku, le 2007-06-07 22:14:30
Très belle photo.
Si elle pouvait parler, elle dirai:
Ici, bas tout est noir
là haut, tou est plus beau

Par Ku, le 2007-06-07 22:15:39
oups, là haut, tout est plus beau

Par Pépito, le 2007-06-07 23:40:39
"Me moquer de cette seconde si précieuse
que l'on gagne que l'on perd" :

Qu'est-ce que cela peut représenter quand on est au terme d'une vie ?

Par Pépito, le 2007-06-07 23:57:51
Me moquer de cette seconde si précieuse que l'on gagne que l'on perd" :

Qu'est-ce que cela peut représenter quand on est au terme d'une vie ?
Salutations M. Mielou au plaisir d'un dimanche matin !

Par l'AB, le 2007-06-08 08:39:13
Lu ce matin dans le métro : "j'ai perdu des heures à gagner des secondes".
Moi aussi je m'aime Miélou, ce n'est pas honteux.

Par Marlène, le 2007-06-08 08:46:59
Mieux vaut courir sur les nuages que dans les nuages, plus risqué... quoique... Mielou continue à se poser des questions...

Par mielou, le 2007-06-08 10:13:46
bonjour à Vous, Tribu de rêveurs !

je suis toujours impressionné par vos réactions, toujours, si différentes.
Chaque chemin emprunté nous emmène sur une nouvelle histoire.

Vos secondes laissées me donne envie de continuer...

merci

Par gérardM, le 2007-06-08 10:19:56
courir sous les nuages, c'est banal
courir sur son petit nuage, c'est déjà plus intéressant, surtout ne pas en redescendre.
Gagner quelques petites secondes est dérisoire, alors qu'il faut essayer de gagner quelques années de vie, mais à condition qu'elles valent la peine d'être vécue.
Quand à savoir si là haut, au dessus des nuages, tout est beau, je m'en fout royalement, nous n'avons qu'une seule vie et elle se passe sur terre.
C'est aussi ma convition, ma réalité, le rêve est peut être beau, mais il ne sera jamais réalité.
gm

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Combien fait un plus trois ? (en toute lettre)



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2007-06-04 13:57:55 : Contre courants - 1 photo - 34 réactions

Alors que je venais d'acheter le dernier Jogging International, le vendeur, un brin malicieux, m'apostropha dans ces termes :
- C'est vrai que la majorité des coureurs ont voté pour pour le nouveau président ?
Je me contentais de sourire.
j'aurai pu lui répondre dans la foulée, du style -sûrement une bonne moitié, je pense !
Mais j'avais l'humeur badine.
Amusé, je continuais mon chemin en tentant d'imaginer en short, les différents chefs de l'Etat que j'avais côtoyé.

Ce matin, il pleuvait fort.
J'avais trouvé une soluce pour atténuer le point de douleur qui m'agacait la vie depuis plusieurs jours.
Dispositif provisoire avant d'aller voir l'Ami des pieds.
Je me rappelais encore les mots du docteur en 94 après l'IRM qui avait diagnostiqué cette vilaine rupture du LCA.
- Fini la course à pied...
Sur le parcours autour de l'hippodrome de Vincennes, la pluie tombait sans discontinuer.
Je ne croisais qu'un seul coureur au visage renfrogné.
C'était pas un temps à sourire, pourtant, qu'est ce que j'étais bien !
Je me rappelais ces temps Anciens ou courir n'était ni un sport, ni un loisir.
Un dessin, tiré de l'emblématique encyclopédie du jogging (7ème édition) m'avait marqué.
Il était sensé représenté le premier jogger.
On voyait un homme des cavernes s'enfuir devant un dinosaure affamé.

Courir pour Vivre...
Et si c'était ça ?

Trempé, de la tête aux pieds, je regagnais le confort et les murs protecteurs.
J'avais beau dire, j'étais loin des préoccupations de mes lointains ancêtres, sur le qui-vive perpétuel, grelottants au fond d'une grotte, luttants pour leur survie.

L'eau serait chaude, sans doute grâce ou à cause de cette électricité à 70 pour cent nucléaire et je n'avais pas encore la sagesse nécessaire pour trouver les solutions alternatives.
Dans ce petit monde que je m'étais créé, je me souciais plutôt de mon Moi.
Il me restait juste assez d'insolence pour affirmer que nous avions 100 pour cent de chance d'expirer, un jour ou l'autre, notre dernier souffle.

Sur ces pensées, fatalement rassurantes, je laissais le soin aux professionnels de la Question nous raconter le pourquoi du comment qui nous pousse à s'enfuir sur les chemins.

Loin du tumulte, je regardais autour de moi.
J'aimais courir...
tout simplement.

2007-05-30 20:22:12 : Si les Sables m'étaient contés... - 1 photo - 27 réactions

Si je n'avais pas connu le meilleur comme le pire, j'aurai pu me trouver une "foultitude" d'excuses à l'issue de ce championnat de France de semi
Un peu moins d'01h30...sans doute loin de ce qu'on pouvait attendre d'un qualifié, mais était ce vraiment le but recherché ?

J-3 : Sables d'olonne
Le cadre est estival et la mer magnifique.
Il y a 05h encore, je galérais avec ma tribu dans la grisaille et les embouteillages de la Capitale.
Nonchalamment attablé à une terrasse ensoleillé d'une bien sympathique paillote, devant une assiette de merluchons sauce beurre blanc et un verre bien frais de rosé, j'observe, amusé, la plage qui s'anime.
Tandis que de splendides jeunes filles faussement candides, promènent leurs blondeurs dans d'inoffensives vaguelettes sous les noires lunettes avisées d'apollons incroyablement bronzés, je ne peux que me réjouir d'être là.

J-1 :
Le temps a changé,
le vent s'est levé et a ramené le doute et son lot de stress.
Le dernier footing à confirmé la blessure insidieuse qui s'est glissée sous mes pieds.
j'ai beau regarder ces superbes vagues s'écraser avec délectation sur les rochers et me dire que c'est bien beau, je ne peux m'empêcher de ramener tout à ma petite personne.
Demain, je ne pourrais plus faire illusion et cela commençait à m'angoisser.
Je redevenais Humain, enfin...

Jour de la course :
Emmitouflé dans mon coupe vent bien rouge de l'ASA, j'essaye tant bien que mal de me protéger de ce vilain sable cinglant.
Planqué dans une improbable crique laminée par les embruns, derrière ce minuscule rocher, j'arrête pas de grommeler sous l'oeil furibond de madame fortement agacée par mes jérémiades d'avant course.
Je suis un Terrien, moi.
Que pouvais je comprendre aux Hommes de la Mer...
Il est temps pour moi de m'éclipser et de me plonger dans ce que je connais le mieux.
L'ambiance de la compèt
Je rejoins le stade et sa cohorte de coureurs affutés prêts à en découdre.
J'y retrouve un Sedef étincelant dans son beau maillot orange. Je suis admiratif devant ce jeune V2, arrivé sur le tard en CAP et qui dégage pourtant une sérénité de vieux briscard.
C'est son premier France et il donne cette étrange impression d'en avoir couru plusieurs.
Nous rejoignons le rapide F@bien et son charismatique paternel pour l'échauffement.
Face aux violentes rafales, une chose est sûre....nous ne battrons pas nos records aujourd'hui.
De plus en plus perplexe, je rejoins la ligne de départ à pas de vieux loup .
Sur le boudin on peut lire cette inscription.
L'ESSENTIEL C'EST DE PARTICIPER
Je ne peux réprimer un sourire.
Déjà les coureurs se pressent, se jaugent...la tension devient palpable.
J'ai beau relativiser, je suis en train de me demander ce que je fous là !
Nous sommes 2500 avec les Open et moi derrière les meilleurs.
mais pour combien de temps ?
Le départ est lancé en faux plat, l'avenue est large mais on piétine un peu. Le temps de prendre un rond point et nous voilà en bord de mer.
Une foule impressionnante se dresse de part et d'autre des barrières, surtout ne pas s'affoler et trouver le bon rythme, mais le peloton est compact, il faut attendre.
03'56" au premier kilo, c'est toujours ça de pris !
Et nous voilà parti dans un quartier résidentiel beaucoup plus calme. Peu à peu les groupes s'organisent.
Au kilomètre 3, passé en 11'50", je tente de me caler derrière deux V2 et une senior féminine d'Orléans accompagnée de son coach mais la douleur qui s'est invitée sournoisement depuis plusieurs jours maintenant, a décidé de se rappeler fortement à mon bon souvenir.Je commence à trouver mes Wave aéro pas si bien que ça finalement, chaque impact m'obligeant à compenser dangereusement.
KM 5 - 19'55" - J'ai mal aux pieds et ça m'agace.
nous ne sommes pas encore sur la superbe promenade des Sables, ouverte pour l'occasion, à tous les vents de la planète, que je me demande à quoi m'accrocher pour limiter une casse qui se dessine bien sombrement.
Il ne manquerait plus que je me plaigne !
Et cette foule incroyable, massée sur les trottoirs du remblai pour nous regarder souffrir en beauté.
L'occasion unique aussi, dans cet interminable allez retour de croiser les Stars, sublimes dans l'effort puis les suivants tout aussi beaux.
j'aperçois F@bien à leur poursuite, m'a t'il entendu l'encourager ?
Et cet allez qui n'en finit plus, dire qu'il va falloir revenir pour un second tour...mortel !
Sur le retour c'est Sedef que j'entrevois, plus concentré que jamais, il ne devrait plus tarder à revenir sur moi.
Jusqu'au KM 10 (39'58") j'aurai cette vision de ce long ruban de coureurs et de coureuses magnifiés par un soleil qui pointe ses rayons pour rendre l'épreuve encore plus ardente.
De retour dans la zone résidentielle propice à la confidentialité, j'ai le temps de me faire un point de situation perso.
Les nouvelles sont guères rassurantes, j'hésite entre un syndrome de Morton ou la non moins célèbre aponévrose plantaire, à moins que ce ne soit tout bêtement une dégénérescence de mes chers coussinets.
Dans ce délire psychomatique à glacer d'effroi plus d'un Tiendu, je prends conscience que j'arrive au kilomètre 13, endroit statégique par excellence, situé à environ 500m de l'arrivée.
Les premiers abandons se succèdent.
un dernier coup d'oeil à sa montre et le senior qui me devance met les warnings dans un souffle blasé.
Triste réalité de la Course au temps...
Moi ? j'y pense même pas ! Il me suffit d'imaginer ces gars et ces filles sur un cent bornes, à courir 24h ou traverser des déserts pour me sentir bien riquiqui avec mon grain de sable dans la chaussure.
Puis c'est un championnat de France tout de même ! un peu de tenue !
Une heure pile, je viens de franchir la barre des 15...plus d'un en rêverait.
je viens de passer sur la réserve aussi, et ce n'est pas le sucre avalé à la volée qui changera la donne. Pas de miracle. ce n'était pas mes 45 minutes de footing et ma VMA de demi fondeur qui pouvaient me prouver le contraire.
Je connais trop bien ces instants ou la foulée se fait pesante avec cette sensation désagréable de ne plus avancer comme vidé de son énergie.
c'est aussi le moment que choisit Sedef pour me déposer avant l'épingle à cheveux qui nous emmène sur le long retour vers l'arrivée.
Droit dans ses running, appliqué, il ne me laisse même pas son sillage en offrande. J'ai beau crâner en lui donnant un charmant maillot violet en ligne de mire, il s'envole déjà alors que les enceintes crachent l'arrivée du premier.
Il reste 5km et je repense à cet interclub et ce prometteur 17'30" réalisé il y a 3 semaines à peine.
quel drôle de sport !
Je viens de passer en mode footing et je me sens bien fatigué sur le coup.
il me reste bien la barre symbolique des moins d'01h30. Je trouve ce défi envisageable, surtout que je suis rejoins dans cette entreprise par quelques Open qui trouve mon dossard V1 à leur gout.
Nous finirons ensemble ni trop vite ni trop doucement, simplement contents de l'avoir fait sans trop souffrir.
La route avait été longue et elle n'était pas finie pour des centaines d'autres.
J'étais content d'avoir terminé cette très belle épreuve exigeante à souhait; de celle qui forge les caractères.
Il manquait peut être la manière mais je me rappelais les propos d'un ami :
Cours,
cours en pensant à nous, anonymes qui ne connaitrons jamais les honneurs...

C'est avec le sourire que je retrouvais les héros du stade autour de la table de ravitaillement.
Nous pouvions nous trouver toutes les excuses du monde.
Nous étions là,
et c'était déjà grand...

J+3 : Entre l'A6 et l'A86
Je retrouve le temps maussade et les bouchons crispants
Les vacances sont finies
Il va bien falloir rencontrer cet ami des pieds.
J'aurai aimé un tee shirt finischer ou une médaille commémorative.
Je me contenterai de ce post pour me souvenir que j'y étais.
Il suffit de peu de choses parfois,
pour être heureux.

2007-05-21 08:32:45 : -C'est quand même plus facile de se qualifier en vétéran ! - 1 photo - 23 réactions

Ces paroles peuvent toujours raisonner à mes oreilles.
à quoi bon aller plus vite...

j'irai, de toute façon, aux Sables d'Olonne le 26 mai.

Cela s'est joué à la minute, au semi de Paris.
Un bon départ, des lièvres de luxe et assez de fond pour terminer correctement.
Que demander de plus.

je cours depuis assez longtemps pour savoir que je ne battrais plus mes records.

On pourrait débattre des heures sur l'utilité de participer à un championnat de France, surtout quand on passe limite.
Mais rien que d'y penser me fatigue déjà.

Je ne tomberai pas, comme en politique,
dans le triomphalisme facile ou la critique amère.

C'est une sensation toute personnelle que je retiendrais.
Celle de ne rien devoir à personne dans ma démarche.

La course à pied est un loisir que je pratique en compétiteur.
Courir pour une couleur ou pour un clocher ne m'a jamais choqué.
Et, vous vous en doutiez, je ne suis pas le genre à attendre une guerre pour aller défendre un drapeau...

Je suis fier de faire partie des heureux qualifiés pour cette grande fête.
Tout en relativisant l'évènement.
Quand vous êtes conscient de votre niveau, vous pouvez aborder n'importe quelle épreuve.

Il n'y a rien de surhumain à faire moins de 01h21 au semi à plus de 40 ans.
Tout les week end, nous sommes des centaines à le réussir.
Après, c'est une question d'appréciation.
J'y vais ? j'y vais pas ?
Nous sommes seul juge de notre motivation.

Il y a bien cette douleur insidieuse qui est venu s'inviter sous mes grands pieds, ces derniers jours.
Qui me fait prendre cette moue désabusée quand je rentre d'un simple footing.

Est ce une raison pour refuser l'obstacle ?

Je me rappelle toute ces séances de fractionnés, toutes ses sorties au seuil qui m'ont emmené vers l'objectif.
Ce championnat c'est ma cerise perso.

Pas de records, pas de pressions.
j'y suis,
et cela suffit à mon bonheur.

Alors,
J'irai toucher la mer du bout des orteils.
Ferai la course dans les vagues avec ma petite conscience.
en me disant que, finalement,
Le reste n'a plus vraiment d'importance.

2007-05-17 10:42:53 : Franchir la ligne le premier... - 2 photos - 31 réactions

Même celle de la course du camping cet été...
Qui ne l'a pas un jour imaginé ?

bien sûr, certains ne l'avoueront jamais.
Les rêves, c'est secret m'a dit, un jour, ma fille.

Parmi nous,
beaucoup ne connaitront jamais cette sensation,
d'autres n'en sont pas loin,
quelques uns savent.

Cette histoire que je vais vous raconter n'est pas celle d'un champion avéré ou confirmé
mais plutôt celle, personnelle, d'un anonyme du peloton, honnête coureur départemental à ses heures.

Je n'écris pas ces lignes pour tirer quelques louanges d'une course passée ou tenter de me comparer aux très bons coureurs de ce forum.
je me rappelle, tout simplement...

Mai 2002, Quimperlé (Finistère), forêt de Toulfouën.
Nous sommes une centaine rassemblés dans une petite carrière verdoyante.
Le Job* a organisé son cross annuel dans ce joli cadre forestier pour distribuer son titre départemental.
Il y a les bons et les moins bons, puis il y a moi qui espère...
Je fais partie des outsiders, ceux qu'on appelle familièrement Poupou
J'ai bien eu quelques succès d'estime sur des courses de quartiers mais je n'ai pas encore l'Aura de mes concurrents directs.
Ils sont trois, ils sont forts, ils sont beaux.
3 spécimens, 3 références.
Jean-pierre P., Baroudeur, spécialiste des raids nature, vainqueurs de plusieurs courses locales, un rustique pur et dur qui ne s'avoue jamais vaincu.
Bertrand D., redoutable vétéran, qui vient du demi-fond, capable de courir en moins de 33' sur 10km.
Puis il y a Christophe E., 01h10 au semi, triathlète de son état, au palmarès impressionnant. Incontestablement le favori.
même si j'ai l'avantage psychologique d'avoir battu en compèt les deux premiers nommés, personne ne me vois sur le podium cette fois çi.
Pourtant, moi j'y crois.
Le départ vient d'être donné et c'est un inconnu qui prend le commandement du groupe.
Il y a toujours un gars comme ça pour faire douter son monde.
mais ça m'arrange, je n'aurais pas à faire le train.
Le parcours fait pas loin de 8km et demi et la première partie est descendante
Nous sommes bientôt plus que 4 à filer à vive allure vers la difficulté qui nous attends.
Une longue et difficile remontée vers l'arrivée.
Je décide de prendre la main et durcit le rythme.
Jean-pierre est le premier à craquer, il ne reviendra plus.
le podium se dessine.
A mi parcours, christophe se retourne vers moi avec un petit sourire
C'est sa dernière course parmis nous, il aimerait bien finir en beauté.
un pacte de non agression s'établit jusqu'au pied de la côte.
c'est là qu'il place une première attaque.
Je tente de rester dans le sillage mais je suis un piètre grimpeur et l'écart se creuse rapidement.
10 mètres, 20 mètres, 50 mètres...Bertrand décroche, c'est pas son jour.
A ce moment, je pourrais me résigner et assurer ma place.
L'effort est intense pour essayer de garder un semblant de contact mais je remarque que l'écart s'est stabilisé.
Mieux, je suis en train de reprendre du terrain.
Plus de calculs, je prends tout les risques pour revenir à sa hauteur.
il reste moins de 2km
Quand je le rejoins, je comprends tout de suite qu'il a un problème.
son visage est blême et grimaçant. Il semble se replier sur lui même, sa foulée est heurtée, il est à la limite de la rupture.
Nos regards se croisent.
pas besoin de parler.
Devant moi, s'ouvre un boulevard.
Surtout ne rien relâcher, toujours se sentir sous la menace d'un retour.
Je file entre les arbres pour les 500 derniers mètres plats ,sans me retourner.
Dans quelques instants, je vais franchir la ligne d'arrivée en tête à la surprise générale.
J'esquisserais un sourire, je ne lèverais même pas les bras.
ma joie restera intérieure...

Cette course, je les refais plusieurs fois dans ma tête depuis.
un concours de circonstances, des adversaires moins affutés que d'habitude et moi sur la forme ascendante.
Ce jour là restera un moment fort.
On pouvait bien rechercher toutes les excuses du monde et leurs absents
Mes chevilles pouvaient enfler
maintenant, je savais...


Jean-pierre continue à garder son bon niveau
il vient de monter une section trail et raid à polytechnique
Bertrand, devenu strasbourgeois, a connu le podium en National*
il court actuellement le 5000m en 16'15 à 45 ans
quand à Christophe, il traine ses guêtres à la Réunion
aux dernières nouvelles, il faisait partie du team quecha avec un certain vincent delebarre et dachiri sherpa

Moi,
je suis retourné dans l'anonymat du peloton
continuant de faire illusion sur quelques courses de quartiers
à ressasser mes souvenirs d'avant à ceux qui m'écoutent parfois mi-intrigués, mi-amusés.
D'ailleurs, j'ai pleins d'autres anecdotes encore,
Comme cette fois ou je suis devenu Vice champion de Bretagne de 10000m
savoureuse histoire ma foi...

Sourire
mais je vais m'arrêter là avant de tomber irrémédiablement dans la rengaine
Il y a peut être une morale à cette histoire
peut être pas...
Je pourrais être un fieffé égocentriste que ça m'étonnerait pas

pour ceux qui auront lu jusqu'au bout
continuez de voir à votre façon et d'affirmer votre différence

La plus belle des courses n'est pas celle que l'on croit.


*PS: pour ceux qui ne le savait pas encore (ou ne voulait pas en entendre parler) je travaille pour cette vieille institution qui date de 1791.
oui, je sais
personne n'est parfait
vous non plus d'ailleurs
ce qui peut s'avérer rassurant quand on y pense...

2007-05-14 10:18:54 : La Sagesse du coureur à pied - 2 photos - 24 réactions

En rédigeant ces lignes, je n'ai pu esquiver ce sourire que le bien pensant n'aime pas.
Il était évident que ce titre relèverait de l'Utopie.
Mais courir après les chimères peut avoir du bon...

Je ne tomberai pas dans l'exemple facile.
Avec cette fâcheuse habitude de ressortir Le cas personnel pour justifier nos actes.

Si nous sommes prêts à accepter nos erreurs, j'avoue qu'il est beaucoup plus difficile de les reconnaître.

J'ai beau regarder l'horizon et me persuader que je peux le toucher, rien n'y changera.
Ce ne sont que des mots, lâchés dans la nature.
Du vent qui effleure les cheveux.
Puis tant pis si ça éclabousse les âmes chagrines.

Car ce n'est pas celui qui court le plus vite qui détient la Sagesse.
ni vous d'ailleurs...
Et ça me rassure, quelque part, de ne pas me sentir seul.

Quand je vois sur le forum des débats animés se transformer en polémiques avérées, j'avoue que j'ai une irrésistible envie de me plonger dedans.
Rien que pour croire, un instant, avoir le dernier mot.
Parfois, l'idée est tentante de rallumer le feu mais elle s'estompe rapidement, devant la brutalité de la réalité.

Que nous sommes Bien dans notre petit monde.
Dans nos runnings, propres sur nous, persuadés de notre bon sens.

La seule chose que je peux vous certifier, c'est qu'on avance...inéluctablement.

Alors, je m'amuse à tenter de trouver une différence entre convictions et certitudes
en donnant cette impression énervante de "me la jouer" au dessus de vous.
Mon sourire n'est jamais anodin.
Vous êtes là pour me le rappeler.

Que ces quelques lignes
"que vous lirez peut être
si vous avez le temps..."
ne vous transforme pas en déserteurs.

Même si :
nous le faisait remarquer jean Rostand

"Réfléchir, c'est déranger ses pensées."

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