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2007-06-10 18:47:54 : Dans ta bulle

Dans ta bulle
t'as vissé ton ipod
pour pas t'entendre courir
dans ta bulle

sur le bitume
tu prends la running attitude
baskets dernier cri
dans ta bulle

tu crois que t'es pas seul
dans ton trip, dans ton fun
dans ta bulle

t'enquilles les kilo
facile, pas facile
pas d'importance
dans ta bulle

les autres c'est que les autres
qu'ont rien compris
qui mangent macdo
boivent pas que d'l'eau

tout le monde il est beau
tout le monde il est gentil
dans ta bulle

sauf qu'à l'extérieur
ça te fait même plus peur
normal, tu kifes tout seul
dans ta bulle

ouais
dans ta bulle
ça pourrait être ma bulle

alors j'écoute diam's
m'l'a raconter
à moi,
qu'avait déjà 15 ans de cité quand elle est née

pas besoin d'être sorti d'Bondy
pour écrire sa rancoeur
ah ! j'oubliais
pour les vrais de la téci
j'suis qu'un bobo d'banlieue
qui roule en kangoo

Dans Sa bulle
il faut croire que les keums ont des gun
et se la pète en BM
devant des meufs
fashion victim, il va de soi

dans la mienne
à la nuit tombée
sur des facades usées
des milliers de silences s'éclairent
et dedans, mes parents
qui émargent depuis 40 ans
dans leur bulle

j'ai pas attendu le nouveau président
pour me mettre à courir
c'est en short, que je suis parti voter
dans ma bulle

un conseil
toi, le coureur
concentré sur tes pieds
protégé dans ta bulle

regarde un peu autour de toi
que je ne te frôle pas de trop près
sous peine
que je t'éclate ta bulle





PS: merci à diam's de me rappeler parfois le bon vieux temps.

Les réactions

Par riri, le 2007-06-10 19:00:38
j'aime bien diam's ....
ça fait djeune de dire ça non ??

Par mielou, le 2007-06-10 19:11:32
bonsoir riri
en passant...
j'aime la puissance qu'elle dégage

pour ces textes
je suis plus perplexe

j'suis p'tête un vieux con non ?

Par Pépito, le 2007-06-10 19:11:49
Il s'agit de faire bon usage des bulles
;o)

Par mielou, le 2007-06-10 19:16:26
bonsoir pepito
sourire
et surtout choisir la bonne...

Par riri, le 2007-06-10 19:48:37
d'accord avec toi mielou ...
tout n'est pas excellent ...

Par Belon, le 2007-06-10 20:00:02
Salut Mielou,
Ca fait plaisir de trouver un amateur de Diam's sur le forum, moi je suis fan, ainsi que de Vitaa...
Etonnant, non ?

Par Delphine, le 2007-06-10 21:30:52
Coucou,

Ca va les racailles??? :o)
Diam's , moui disons que la nana doit être une forte tête mais les textes sont parfois super violents. Le choc des banlieues exprimé par des mots chocs.
Je ne sais pas si c'est forcément une bonne solution mais pourquoi pas.

Par Irina Palm, le 2007-06-10 22:17:35
des bulles de champagne bientôt, des bulles de la mousse de bain, des bul'ots avec un ptit coup de blanc, et peut etre que des bulles accollées pourraient former une molécule, un atome pret à buller pour la paix des esprits...je prefere dialoguer avec mon jardinier

Par PARISI, le 2007-06-10 22:29:27
Salut MIELOU !!

Bon je sors de ma bulle ( lol ) pour te dire que j'ai bien aimé ce que tu viens d'écrire .

Tu évoques BONDY et j'y suis justement allé en entrainement long cet aprem , en longeant le canal de l'Ourcq !!

Bon j'avoue que je suis revenu par le RER !!! lol

A+++ PARISI

Par L'Castor Junior, le 2007-06-10 22:41:58
Dans sa bulle, elle a vécu à deux pas de chez moi. Ou est-ce l'inverse ?
Sinik aussi.
Je préfère Diam's à Sinik.
Un peu vieux con aussi, donc, à ma manière.
Merci mielou.
L'Castor Junior_ex_ulissien_ki_a_voté_dans_sa_bulle...

Par Baghera, le 2007-06-10 23:01:27
et moi Prevert, la Beauté versus la violence, pas vieux con pour autant...

Par l'AB, le 2007-06-11 09:19:16
Moi la cité j'l'ai pas habitée, juste fréquentée, quelques années, parce qu'elle s'y invitait, question de proximité, et puis c'est plus facile d'être un intello chez les voyous, qu'un voyou chez les intellos. Aujourd'hui, à l'heure des bilans, à moitié d'une vie, c'est dire s'il y a encore d'la vie à prendre, je crois qu'ils sont tous couchés six pieds sous terre, tous ceux qui rêvaient de partir, plus vite, plus loin, plus haut que les autres, les termites : morts par balles, morts par drogues, morts par accidents... La cité, c'est une destinée, putain de société.

Par gérardM, le 2007-06-11 11:59:24
Salut Mielou,
il faut savoir coincer la bulle, c'est cool.
Une bulle c'est très fragile, c'est éphémère,
par contre, nous avons tous une "aura", une enveloppe , et nous sommes donc à l'intérieur,
on peut éclater une bulle, mais pas une "aura",
tu ne l'auras pas.
gm

Par linda, le 2007-06-11 13:33:42
Ou la la, chui pas bien reveillée ce matin, moi !!!
J'ai tout lu et relu 2 fois, ensuite une seule question m'est venue : "Mais y dit quoi le Mielou, keski fait???, ça ne lui ressemble pas ce genre de "discourt"...j'retrouve plus les phrases phylo, mais où est sa plume?"etc..."

Avant de m'apercevoir que c'était une "chanson" de Diam's !!!!

Surtout qu'en plus je suis loin d'être fan !!!(beurk)

Sur ce je retourne sous "ma couette" paske ma couette à moi, c'est ma bulle!!!

Bisous en passant!!

Linda

Par , le 2007-06-11 14:12:56
C'est un peu "facho" de dire que les habitants de banlieue et que ceux qui ecoutent Diam's sont de la racaille .Même si vous n aimez pas .
Mielou j ai bien aimé vous faites dans la diversité .Bravo

Par , le 2007-06-11 14:13:54
C'est un peu "facho" de dire que les habitants de banlieue et que ceux qui ecoutent Diam's sont de la racaille .Même si vous n aimez pas .
Mielou j ai bien aimé vous faites dans la diversité .Bravo

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2007-06-07 09:25:41 : Mes courses seront toujours plus belles que les vôtres - 1 photo - 18 réactions

Et si j'avais envie d'aller courir plus loin que l'horizon
oublier un temps, ce présent qui se glisse entre mes pieds

Me moquer de cette seconde si précieuse
que l'on gagne
que l'on perd

Ne plus avoir mal
à vouloir se comparer
à vouloir se préjuger

Et si j'avais envie d'y croire
l'espace de cet instant
même si c'est pas vrai
même si je me mens

Je ne serai jamais celui que j'aurai voulu être
quelle importance ?
Je cours sur les nuages
et tant mieux
si je suis l'un des vôtres...

2007-06-04 13:57:55 : Contre courants - 1 photo - 34 réactions

Alors que je venais d'acheter le dernier Jogging International, le vendeur, un brin malicieux, m'apostropha dans ces termes :
- C'est vrai que la majorité des coureurs ont voté pour pour le nouveau président ?
Je me contentais de sourire.
j'aurai pu lui répondre dans la foulée, du style -sûrement une bonne moitié, je pense !
Mais j'avais l'humeur badine.
Amusé, je continuais mon chemin en tentant d'imaginer en short, les différents chefs de l'Etat que j'avais côtoyé.

Ce matin, il pleuvait fort.
J'avais trouvé une soluce pour atténuer le point de douleur qui m'agacait la vie depuis plusieurs jours.
Dispositif provisoire avant d'aller voir l'Ami des pieds.
Je me rappelais encore les mots du docteur en 94 après l'IRM qui avait diagnostiqué cette vilaine rupture du LCA.
- Fini la course à pied...
Sur le parcours autour de l'hippodrome de Vincennes, la pluie tombait sans discontinuer.
Je ne croisais qu'un seul coureur au visage renfrogné.
C'était pas un temps à sourire, pourtant, qu'est ce que j'étais bien !
Je me rappelais ces temps Anciens ou courir n'était ni un sport, ni un loisir.
Un dessin, tiré de l'emblématique encyclopédie du jogging (7ème édition) m'avait marqué.
Il était sensé représenté le premier jogger.
On voyait un homme des cavernes s'enfuir devant un dinosaure affamé.

Courir pour Vivre...
Et si c'était ça ?

Trempé, de la tête aux pieds, je regagnais le confort et les murs protecteurs.
J'avais beau dire, j'étais loin des préoccupations de mes lointains ancêtres, sur le qui-vive perpétuel, grelottants au fond d'une grotte, luttants pour leur survie.

L'eau serait chaude, sans doute grâce ou à cause de cette électricité à 70 pour cent nucléaire et je n'avais pas encore la sagesse nécessaire pour trouver les solutions alternatives.
Dans ce petit monde que je m'étais créé, je me souciais plutôt de mon Moi.
Il me restait juste assez d'insolence pour affirmer que nous avions 100 pour cent de chance d'expirer, un jour ou l'autre, notre dernier souffle.

Sur ces pensées, fatalement rassurantes, je laissais le soin aux professionnels de la Question nous raconter le pourquoi du comment qui nous pousse à s'enfuir sur les chemins.

Loin du tumulte, je regardais autour de moi.
J'aimais courir...
tout simplement.

2007-05-30 20:22:12 : Si les Sables m'étaient contés... - 1 photo - 27 réactions

Si je n'avais pas connu le meilleur comme le pire, j'aurai pu me trouver une "foultitude" d'excuses à l'issue de ce championnat de France de semi
Un peu moins d'01h30...sans doute loin de ce qu'on pouvait attendre d'un qualifié, mais était ce vraiment le but recherché ?

J-3 : Sables d'olonne
Le cadre est estival et la mer magnifique.
Il y a 05h encore, je galérais avec ma tribu dans la grisaille et les embouteillages de la Capitale.
Nonchalamment attablé à une terrasse ensoleillé d'une bien sympathique paillote, devant une assiette de merluchons sauce beurre blanc et un verre bien frais de rosé, j'observe, amusé, la plage qui s'anime.
Tandis que de splendides jeunes filles faussement candides, promènent leurs blondeurs dans d'inoffensives vaguelettes sous les noires lunettes avisées d'apollons incroyablement bronzés, je ne peux que me réjouir d'être là.

J-1 :
Le temps a changé,
le vent s'est levé et a ramené le doute et son lot de stress.
Le dernier footing à confirmé la blessure insidieuse qui s'est glissée sous mes pieds.
j'ai beau regarder ces superbes vagues s'écraser avec délectation sur les rochers et me dire que c'est bien beau, je ne peux m'empêcher de ramener tout à ma petite personne.
Demain, je ne pourrais plus faire illusion et cela commençait à m'angoisser.
Je redevenais Humain, enfin...

Jour de la course :
Emmitouflé dans mon coupe vent bien rouge de l'ASA, j'essaye tant bien que mal de me protéger de ce vilain sable cinglant.
Planqué dans une improbable crique laminée par les embruns, derrière ce minuscule rocher, j'arrête pas de grommeler sous l'oeil furibond de madame fortement agacée par mes jérémiades d'avant course.
Je suis un Terrien, moi.
Que pouvais je comprendre aux Hommes de la Mer...
Il est temps pour moi de m'éclipser et de me plonger dans ce que je connais le mieux.
L'ambiance de la compèt
Je rejoins le stade et sa cohorte de coureurs affutés prêts à en découdre.
J'y retrouve un Sedef étincelant dans son beau maillot orange. Je suis admiratif devant ce jeune V2, arrivé sur le tard en CAP et qui dégage pourtant une sérénité de vieux briscard.
C'est son premier France et il donne cette étrange impression d'en avoir couru plusieurs.
Nous rejoignons le rapide F@bien et son charismatique paternel pour l'échauffement.
Face aux violentes rafales, une chose est sûre....nous ne battrons pas nos records aujourd'hui.
De plus en plus perplexe, je rejoins la ligne de départ à pas de vieux loup .
Sur le boudin on peut lire cette inscription.
L'ESSENTIEL C'EST DE PARTICIPER
Je ne peux réprimer un sourire.
Déjà les coureurs se pressent, se jaugent...la tension devient palpable.
J'ai beau relativiser, je suis en train de me demander ce que je fous là !
Nous sommes 2500 avec les Open et moi derrière les meilleurs.
mais pour combien de temps ?
Le départ est lancé en faux plat, l'avenue est large mais on piétine un peu. Le temps de prendre un rond point et nous voilà en bord de mer.
Une foule impressionnante se dresse de part et d'autre des barrières, surtout ne pas s'affoler et trouver le bon rythme, mais le peloton est compact, il faut attendre.
03'56" au premier kilo, c'est toujours ça de pris !
Et nous voilà parti dans un quartier résidentiel beaucoup plus calme. Peu à peu les groupes s'organisent.
Au kilomètre 3, passé en 11'50", je tente de me caler derrière deux V2 et une senior féminine d'Orléans accompagnée de son coach mais la douleur qui s'est invitée sournoisement depuis plusieurs jours maintenant, a décidé de se rappeler fortement à mon bon souvenir.Je commence à trouver mes Wave aéro pas si bien que ça finalement, chaque impact m'obligeant à compenser dangereusement.
KM 5 - 19'55" - J'ai mal aux pieds et ça m'agace.
nous ne sommes pas encore sur la superbe promenade des Sables, ouverte pour l'occasion, à tous les vents de la planète, que je me demande à quoi m'accrocher pour limiter une casse qui se dessine bien sombrement.
Il ne manquerait plus que je me plaigne !
Et cette foule incroyable, massée sur les trottoirs du remblai pour nous regarder souffrir en beauté.
L'occasion unique aussi, dans cet interminable allez retour de croiser les Stars, sublimes dans l'effort puis les suivants tout aussi beaux.
j'aperçois F@bien à leur poursuite, m'a t'il entendu l'encourager ?
Et cet allez qui n'en finit plus, dire qu'il va falloir revenir pour un second tour...mortel !
Sur le retour c'est Sedef que j'entrevois, plus concentré que jamais, il ne devrait plus tarder à revenir sur moi.
Jusqu'au KM 10 (39'58") j'aurai cette vision de ce long ruban de coureurs et de coureuses magnifiés par un soleil qui pointe ses rayons pour rendre l'épreuve encore plus ardente.
De retour dans la zone résidentielle propice à la confidentialité, j'ai le temps de me faire un point de situation perso.
Les nouvelles sont guères rassurantes, j'hésite entre un syndrome de Morton ou la non moins célèbre aponévrose plantaire, à moins que ce ne soit tout bêtement une dégénérescence de mes chers coussinets.
Dans ce délire psychomatique à glacer d'effroi plus d'un Tiendu, je prends conscience que j'arrive au kilomètre 13, endroit statégique par excellence, situé à environ 500m de l'arrivée.
Les premiers abandons se succèdent.
un dernier coup d'oeil à sa montre et le senior qui me devance met les warnings dans un souffle blasé.
Triste réalité de la Course au temps...
Moi ? j'y pense même pas ! Il me suffit d'imaginer ces gars et ces filles sur un cent bornes, à courir 24h ou traverser des déserts pour me sentir bien riquiqui avec mon grain de sable dans la chaussure.
Puis c'est un championnat de France tout de même ! un peu de tenue !
Une heure pile, je viens de franchir la barre des 15...plus d'un en rêverait.
je viens de passer sur la réserve aussi, et ce n'est pas le sucre avalé à la volée qui changera la donne. Pas de miracle. ce n'était pas mes 45 minutes de footing et ma VMA de demi fondeur qui pouvaient me prouver le contraire.
Je connais trop bien ces instants ou la foulée se fait pesante avec cette sensation désagréable de ne plus avancer comme vidé de son énergie.
c'est aussi le moment que choisit Sedef pour me déposer avant l'épingle à cheveux qui nous emmène sur le long retour vers l'arrivée.
Droit dans ses running, appliqué, il ne me laisse même pas son sillage en offrande. J'ai beau crâner en lui donnant un charmant maillot violet en ligne de mire, il s'envole déjà alors que les enceintes crachent l'arrivée du premier.
Il reste 5km et je repense à cet interclub et ce prometteur 17'30" réalisé il y a 3 semaines à peine.
quel drôle de sport !
Je viens de passer en mode footing et je me sens bien fatigué sur le coup.
il me reste bien la barre symbolique des moins d'01h30. Je trouve ce défi envisageable, surtout que je suis rejoins dans cette entreprise par quelques Open qui trouve mon dossard V1 à leur gout.
Nous finirons ensemble ni trop vite ni trop doucement, simplement contents de l'avoir fait sans trop souffrir.
La route avait été longue et elle n'était pas finie pour des centaines d'autres.
J'étais content d'avoir terminé cette très belle épreuve exigeante à souhait; de celle qui forge les caractères.
Il manquait peut être la manière mais je me rappelais les propos d'un ami :
Cours,
cours en pensant à nous, anonymes qui ne connaitrons jamais les honneurs...

C'est avec le sourire que je retrouvais les héros du stade autour de la table de ravitaillement.
Nous pouvions nous trouver toutes les excuses du monde.
Nous étions là,
et c'était déjà grand...

J+3 : Entre l'A6 et l'A86
Je retrouve le temps maussade et les bouchons crispants
Les vacances sont finies
Il va bien falloir rencontrer cet ami des pieds.
J'aurai aimé un tee shirt finischer ou une médaille commémorative.
Je me contenterai de ce post pour me souvenir que j'y étais.
Il suffit de peu de choses parfois,
pour être heureux.

2007-05-21 08:32:45 : -C'est quand même plus facile de se qualifier en vétéran ! - 1 photo - 23 réactions

Ces paroles peuvent toujours raisonner à mes oreilles.
à quoi bon aller plus vite...

j'irai, de toute façon, aux Sables d'Olonne le 26 mai.

Cela s'est joué à la minute, au semi de Paris.
Un bon départ, des lièvres de luxe et assez de fond pour terminer correctement.
Que demander de plus.

je cours depuis assez longtemps pour savoir que je ne battrais plus mes records.

On pourrait débattre des heures sur l'utilité de participer à un championnat de France, surtout quand on passe limite.
Mais rien que d'y penser me fatigue déjà.

Je ne tomberai pas, comme en politique,
dans le triomphalisme facile ou la critique amère.

C'est une sensation toute personnelle que je retiendrais.
Celle de ne rien devoir à personne dans ma démarche.

La course à pied est un loisir que je pratique en compétiteur.
Courir pour une couleur ou pour un clocher ne m'a jamais choqué.
Et, vous vous en doutiez, je ne suis pas le genre à attendre une guerre pour aller défendre un drapeau...

Je suis fier de faire partie des heureux qualifiés pour cette grande fête.
Tout en relativisant l'évènement.
Quand vous êtes conscient de votre niveau, vous pouvez aborder n'importe quelle épreuve.

Il n'y a rien de surhumain à faire moins de 01h21 au semi à plus de 40 ans.
Tout les week end, nous sommes des centaines à le réussir.
Après, c'est une question d'appréciation.
J'y vais ? j'y vais pas ?
Nous sommes seul juge de notre motivation.

Il y a bien cette douleur insidieuse qui est venu s'inviter sous mes grands pieds, ces derniers jours.
Qui me fait prendre cette moue désabusée quand je rentre d'un simple footing.

Est ce une raison pour refuser l'obstacle ?

Je me rappelle toute ces séances de fractionnés, toutes ses sorties au seuil qui m'ont emmené vers l'objectif.
Ce championnat c'est ma cerise perso.

Pas de records, pas de pressions.
j'y suis,
et cela suffit à mon bonheur.

Alors,
J'irai toucher la mer du bout des orteils.
Ferai la course dans les vagues avec ma petite conscience.
en me disant que, finalement,
Le reste n'a plus vraiment d'importance.

2007-05-17 10:42:53 : Franchir la ligne le premier... - 2 photos - 31 réactions

Même celle de la course du camping cet été...
Qui ne l'a pas un jour imaginé ?

bien sûr, certains ne l'avoueront jamais.
Les rêves, c'est secret m'a dit, un jour, ma fille.

Parmi nous,
beaucoup ne connaitront jamais cette sensation,
d'autres n'en sont pas loin,
quelques uns savent.

Cette histoire que je vais vous raconter n'est pas celle d'un champion avéré ou confirmé
mais plutôt celle, personnelle, d'un anonyme du peloton, honnête coureur départemental à ses heures.

Je n'écris pas ces lignes pour tirer quelques louanges d'une course passée ou tenter de me comparer aux très bons coureurs de ce forum.
je me rappelle, tout simplement...

Mai 2002, Quimperlé (Finistère), forêt de Toulfouën.
Nous sommes une centaine rassemblés dans une petite carrière verdoyante.
Le Job* a organisé son cross annuel dans ce joli cadre forestier pour distribuer son titre départemental.
Il y a les bons et les moins bons, puis il y a moi qui espère...
Je fais partie des outsiders, ceux qu'on appelle familièrement Poupou
J'ai bien eu quelques succès d'estime sur des courses de quartiers mais je n'ai pas encore l'Aura de mes concurrents directs.
Ils sont trois, ils sont forts, ils sont beaux.
3 spécimens, 3 références.
Jean-pierre P., Baroudeur, spécialiste des raids nature, vainqueurs de plusieurs courses locales, un rustique pur et dur qui ne s'avoue jamais vaincu.
Bertrand D., redoutable vétéran, qui vient du demi-fond, capable de courir en moins de 33' sur 10km.
Puis il y a Christophe E., 01h10 au semi, triathlète de son état, au palmarès impressionnant. Incontestablement le favori.
même si j'ai l'avantage psychologique d'avoir battu en compèt les deux premiers nommés, personne ne me vois sur le podium cette fois çi.
Pourtant, moi j'y crois.
Le départ vient d'être donné et c'est un inconnu qui prend le commandement du groupe.
Il y a toujours un gars comme ça pour faire douter son monde.
mais ça m'arrange, je n'aurais pas à faire le train.
Le parcours fait pas loin de 8km et demi et la première partie est descendante
Nous sommes bientôt plus que 4 à filer à vive allure vers la difficulté qui nous attends.
Une longue et difficile remontée vers l'arrivée.
Je décide de prendre la main et durcit le rythme.
Jean-pierre est le premier à craquer, il ne reviendra plus.
le podium se dessine.
A mi parcours, christophe se retourne vers moi avec un petit sourire
C'est sa dernière course parmis nous, il aimerait bien finir en beauté.
un pacte de non agression s'établit jusqu'au pied de la côte.
c'est là qu'il place une première attaque.
Je tente de rester dans le sillage mais je suis un piètre grimpeur et l'écart se creuse rapidement.
10 mètres, 20 mètres, 50 mètres...Bertrand décroche, c'est pas son jour.
A ce moment, je pourrais me résigner et assurer ma place.
L'effort est intense pour essayer de garder un semblant de contact mais je remarque que l'écart s'est stabilisé.
Mieux, je suis en train de reprendre du terrain.
Plus de calculs, je prends tout les risques pour revenir à sa hauteur.
il reste moins de 2km
Quand je le rejoins, je comprends tout de suite qu'il a un problème.
son visage est blême et grimaçant. Il semble se replier sur lui même, sa foulée est heurtée, il est à la limite de la rupture.
Nos regards se croisent.
pas besoin de parler.
Devant moi, s'ouvre un boulevard.
Surtout ne rien relâcher, toujours se sentir sous la menace d'un retour.
Je file entre les arbres pour les 500 derniers mètres plats ,sans me retourner.
Dans quelques instants, je vais franchir la ligne d'arrivée en tête à la surprise générale.
J'esquisserais un sourire, je ne lèverais même pas les bras.
ma joie restera intérieure...

Cette course, je les refais plusieurs fois dans ma tête depuis.
un concours de circonstances, des adversaires moins affutés que d'habitude et moi sur la forme ascendante.
Ce jour là restera un moment fort.
On pouvait bien rechercher toutes les excuses du monde et leurs absents
Mes chevilles pouvaient enfler
maintenant, je savais...


Jean-pierre continue à garder son bon niveau
il vient de monter une section trail et raid à polytechnique
Bertrand, devenu strasbourgeois, a connu le podium en National*
il court actuellement le 5000m en 16'15 à 45 ans
quand à Christophe, il traine ses guêtres à la Réunion
aux dernières nouvelles, il faisait partie du team quecha avec un certain vincent delebarre et dachiri sherpa

Moi,
je suis retourné dans l'anonymat du peloton
continuant de faire illusion sur quelques courses de quartiers
à ressasser mes souvenirs d'avant à ceux qui m'écoutent parfois mi-intrigués, mi-amusés.
D'ailleurs, j'ai pleins d'autres anecdotes encore,
Comme cette fois ou je suis devenu Vice champion de Bretagne de 10000m
savoureuse histoire ma foi...

Sourire
mais je vais m'arrêter là avant de tomber irrémédiablement dans la rengaine
Il y a peut être une morale à cette histoire
peut être pas...
Je pourrais être un fieffé égocentriste que ça m'étonnerait pas

pour ceux qui auront lu jusqu'au bout
continuez de voir à votre façon et d'affirmer votre différence

La plus belle des courses n'est pas celle que l'on croit.


*PS: pour ceux qui ne le savait pas encore (ou ne voulait pas en entendre parler) je travaille pour cette vieille institution qui date de 1791.
oui, je sais
personne n'est parfait
vous non plus d'ailleurs
ce qui peut s'avérer rassurant quand on y pense...

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