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2007-06-12 10:19:44 : Dans cette bulle où l'on cours...

Je souhaite répondre aux intervenants du dernier blog - Dans ta bulle...

J'aime votre diversité d'esprit.
Vous me le prouvez à chaque fois que vous réagissez.


C'est en regardant le clip de diam's que je me suis penché sur les paroles.
On y retrouvait les clichés type qui collent à la peau de ceux qui grandissent dans les cités dortoirs.
J'ai un avis bien personnel sur cette chanteuse.
je retiens qu'elle est partie de rien pour devenir ce qu'elle est.
elle ne s'est pas faite toute seule et à su s'entourer des bonnes personnes
car des petits diamants bruts, il y en a plus que l'on croit mais ils n'auront jamais la chance d'être découverts
Pratiquement tout le monde à déjà entendu ou vu du diam's.
Provocatrice et pas vraiment belle, elle dégage, pourtant, un côté animal farouche qui m'a inspiré.

En transposant une histoire de coureurs j'ai plutôt chercher le pamphlet tout en gardant la dureté d'une froide réalité.
Son histoire de jeune fille, fatalement, prise au piège de la cité devient celle d'un anonyme qui ne se rend plus compte que la course à pied est devenu, essentiellement, son mode de vie.

Maintenant,
Certains se posent, bien sûr, la question de l'intérêt d'une telle démarche.
Répondre que je n'attends rien serait hypocrite.
Pourquoi avoir choisi un site de course à pied si je veux écrire ?
justement parce qu'il est plus difficile de séduire un public qui, à la base, n'en a rien à faire de vos états d'ames.
Rassurez vous, sur les sites spécialisés en écriture c'est encore pire !
puisque l'auteur ne s'arrête qu'à son propre écrit et que le lecteur, avisé, ne se contente que de passer.

Mon projet (eh oui j'en ai un ! ) ne sera ni sur la course à pied, ni sur la banlieue mais sur mon job.
J'irai donc proposer un essai devant un public connaisseur et normalement acquis à ma cause.

Pour en revenir à vous
Au fur et à mesure, vous vous êtes habitué à voir du mielou dans le texte.
Devenant de plus en plus exigeant pour certains.
Tant mieux !
J'aurai pu croire qu'il était aisé d'écrire.

pourtant, la base est simple :

Exemple, je prend un coureur en short et runnings
je lui dessine de grands yeux coquins pour qu'il devienne un coureur de jupons et je rajoute une femme avec un regard extérieur sur la scène et qui lui répond - Tu peux toujours courir !

il en ressort trois avis sur la question
et des milliers de façons de penser ou d'imaginer la suite

On peut apprécier mes perfs en CAP sans pour autant trouver un intérêt dans la façon de le raconter, encore moins sûrement quand il s'agit de trouver une philosophie à l'histoire !
Et vice versa.

Ce blog me permet d'appréhender toutes les situations.
A moi de m'adapter à l'actualité ambiante.
N'est ce pas un des facteurs de la réussite ?

sourire

En remerciant les différents intervenants et les lecteurs discrets

Les réactions

Par Belon, le 2007-06-12 10:28:23
Prem's (désolé...)
Mielou, c'est un projet professionnel ou autre ?
Tu écris: "j'aurais pu croire qu'il était aisé d'écrire"
Il est peut-être encore plus difficile d'être lu...
@ + amicalement

Par romain, le 2007-06-12 10:36:15
Diam's , victime de la cité , pas si sûr , c'est aussi un produit fini , qui sans ses origines n'aurait pas pu devenir ce qu'elle est ... enfin bref .

Je te souhaite très grande réussite pour tes "concours" sans doute littéraires ... ou pour ta lancée dans le monde des mots ... tu as de très grande capacité à captiver le lecteur instantanéménet , je pense que c'est une clé ... la clé pour commenecr la l'Ut :o)

je suis totalement d'accord avec toi , félicitatioin pour tes essais d'apprivoisemment d'un ptit monde de coureurs ... à pied ... qui ont parfois une tête mais qui ne veulent pas l'savoir :) car il n'y a que sur un seul sujet que tout le monde est d'accord , on court avec ses pieds , hein j'ai raison là nan ? (rires)

bravo en tous cas ,
excuse moi de n'avoir pas été très poétique dans ma réaction , mais je viens de me lever là :o)

@+++



Par une lectrice discrete, le 2007-06-12 11:11:31
sourire

Par eric8, le 2007-06-12 11:15:03
alors mielou, encore dans ta bulle!

Par Delphine, le 2007-06-12 12:04:56
Coucou,

Ah Mielou on ne peut pas plaire à tout le monde. C'est valable pour toi, Diam's, Belon, et autres forumers (enfin Dimam's ne vient pas je pense :o).
Pour faire un projet et arriver à sa fin il faut aller la plupart du temps au devant des gens. C'est ce que tu fais, donc bravo, et bonne route pour ton(tes) projet(s).

Juste une parenthèse: j'ai lu les différentes réactions sur ton ancien billet. Une personne dit que c'est être "facho" que de dire que des gens de cité sont des racailles. Là aussi effet d'écriture sans le son: ayant habité 26 ans une cité je sais qu'on peut se permettre de rigoler sur des mots comme racaille sans être fachos et ce avec les gens qu'on apprécie et qui nous apprécie. Question de tact. Tout est dans le sens du mot que l'on utilise.
Là c'était, venant de moi, tout à fait amical. heureusement que beaucoup le comprennent :o)

Par L'Castor Junior, le 2007-06-12 12:34:31
Le banc mériterait-il d'être passé au Kärcher ?
Nettoyer la Banc-Lieue ne risque-t-il pas de détruire la culture et ses sous-produits (qu'on les apprécie ou non) ?
Tiens-nous au courant de tes projets, que tu les accomplisses en courant ou en écrivant...

Par Delphine, le 2007-06-12 12:58:38
Castor sans le vouloir tu as dit un mot juste: "banc". En effet les gens à "problèmes" sont mis sur le même banc, et c'est déjà un gros problème.

Par mielou, le 2007-06-12 13:30:15
bonjour Belon
plutôt une histoire personnelle avec pour cadre ma profession
c'est vrai que pour capter l'attention il faut trouver les mots qui accrochent
et surtout les faire lire aux bonnes personnes !

salut romain
business is business...
effectivement, un concours prévu en 2008
et prochainement un blog plus intimiste pour me préparer...

il me semble reconnaitre ce sourire de lectrice discrète...

à eric8
eh oui, toujours dans la bulle
disons quelle est assez...large !

coucou Delphine
et encore...j'aurai pu être blonde à forte personnalité !
sourire
Les mots touchent où on les attends le moins
On peut les aimer comme en mourir...
Apprivoiser les mots, c'est apprivoiser leurs violences.

Bien sûr Castor que je vous tiendrais au courant
du haut de ma barre de 10 étages, j'imaginais que l'herbe poussait sur le béton
La réalité ne peut plus me faire peur...

Par Linda, le 2007-06-12 13:43:38
Coucou,
Tiens Delphine mais kes tu fout là?? toujours dans mes traces celle-ci !!!

D'ailleurs, je te rassure, j'ai eu la même réac.que toi sur la réponse du billet, et je voulais aussi y répondre!

Sûre qu'il faut tenir compte d'une réponse écrite, d'abord dans un écrit on ne sens pas le ton employé et aujourd'hui, effectivement le mot "Racaille" est devenu "moderne" même s'il connote un sens péjoratif, il n'en est pas moins que c'est le mot utilisé pour "citer les gens des cités" au même titre que le mot "karcher" qui est devenu international et pour le coup publicitaire pour la marque!!

Alors Miélou, petit malin, tu te servirais de vrais personnages avec de vraies reflexions pour le présenter devant un vrai public !! Attention au droit d'auteur!! (RIRE)

Je pourrais te parler des banlieus, de la vie dans les cités..ect..J'ai plein de chose à dire sur le sujet.. Mail moi si tu en a besoin .

Bonne chance

Linda

Par Selfa, le 2007-06-12 14:55:10
@ Delphine
Il me semblait bien que vous étiez une "vraie " gentille ,ça n'était pas la peine de vous justifier mais sur le moment ça m'a fait bondir,et c'est vrai que "facho" était inapproprié .Mille excuses .Je n habite pas la banlieue !!!!!!!!!!!!

Par folichon, le 2007-06-12 16:48:08
Je suis sans aucun doute, un des nombreux lecteurs discrets.
Bon Diam's j'aime pas trop même si j'ai jamais vraiment écouté.
Par contre, c'est toujours un grand moment de lire tes réflexions.
Donc, si tu veux tu peux encore parler de Diam's, m'en fous du moment que tu gardes ton style imparable.

Les récits de course façon Mielou,... j'aime beaucoup aussi de vivre les courses vue de l'avant par procuration.
Donc, ne change surtout rien.

Par gérardM, le 2007-06-12 18:34:53
Tout le monde vit dans sa bulle, écrase sa bulle, coinçe sa bulle, fait des bulles, une bulle est une illusion, il faut certainement sortir de sa bulle pour mieux vivre.
S'ouvrir au monde extérieur, ne pas s'introvertir, se replier sur soi, vivre au contact des autres, se battre avec les autres, ne pas rester dans sa coquille, dans son duvet, dans son petit monde en se disant, pour vivre heureux vivons cachés.
non il faut savoir se montrer , tel que l'on est, sans détour, quitte à déplaire, car de toute manière on ne peut pas plaire à tout le monde, c'est évident, puisque tout le monde ne me plait pas non plus.
gérard martin

Par , le 2007-06-12 18:40:40
Tant de banalités m'affligent.
"S'ouvrir au monde extérieur, ne pas s'introvertir" : on croit rêver quand on lit cela ! On n'a pas peur des mots...Allez encore quelques poncifs dans ce style et l'on va créer un genre plus lourd que le pathos !

Par Marlène, le 2007-06-12 20:31:41
Désolée, (pourquoi désolée d'ailleurs) la banlieue, je ne connais pas. 20 ans de caserne, est-ce que je suis facho pour autant ?
Qu'y a t'il derrière les nuages et la bulle ? j'ai hâte de savoir.

Par Marlène, le 2007-06-12 20:32:51
PS : j'ai aussi reconnu la lectrice

Par Parisi, le 2007-06-12 22:03:28
Bonsoir MIELOU ,
Je n'ai pas assez de temps pour faire des commentaires mais c'est très bien ce que tu écris .

A+++ Parisi

Par Delphine, le 2007-06-12 22:14:35
Coucou,

@Selfa, j'ai justifié parce que j'étais une des personnes qui avaient utilisé le mot et c'est vrai qu'un mot reste un mot donc peut être mal interprété.
Merci pour le "vraie" gentille ...je peux aussi être une "fausse" méchante :o)

Par gérardM, le 2007-06-12 22:28:29
et toujours un anonyme très courageux pour la ramener .
tu en fait une belle de banalité toi.
gm

Par gérardM, le 2007-06-12 22:31:46
tu en fais , ais bien sûr.
Reste bien affligé, intervenant anonyme, c'est le moindre de mes soucis.
gm

Par gérardM, le 2007-06-13 10:40:31
Pour en revenir au billet de Miélou, toujours aussi intéressant et bien écrit d'ailleurs,
il est vraiment bien dommage que pour certains coureurs, la course à pied soit devenu à leur insu, leur principal mode de vie, s'ils ne s'en rendent pas compte, c'est réellement un problème pour eux et leur entourage.
Courir, est un loisir avant tout, ce n'est pas une priorité, c'est en annexe de l'ensemble de sa vie, et ce qui compte c'est bien l'ensemble de son oeuvre, pas un détail.
gm

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2007-06-10 18:47:54 : Dans ta bulle - 1 photo - 16 réactions

Dans ta bulle
t'as vissé ton ipod
pour pas t'entendre courir
dans ta bulle

sur le bitume
tu prends la running attitude
baskets dernier cri
dans ta bulle

tu crois que t'es pas seul
dans ton trip, dans ton fun
dans ta bulle

t'enquilles les kilo
facile, pas facile
pas d'importance
dans ta bulle

les autres c'est que les autres
qu'ont rien compris
qui mangent macdo
boivent pas que d'l'eau

tout le monde il est beau
tout le monde il est gentil
dans ta bulle

sauf qu'à l'extérieur
ça te fait même plus peur
normal, tu kifes tout seul
dans ta bulle

ouais
dans ta bulle
ça pourrait être ma bulle

alors j'écoute diam's
m'l'a raconter
à moi,
qu'avait déjà 15 ans de cité quand elle est née

pas besoin d'être sorti d'Bondy
pour écrire sa rancoeur
ah ! j'oubliais
pour les vrais de la téci
j'suis qu'un bobo d'banlieue
qui roule en kangoo

Dans Sa bulle
il faut croire que les keums ont des gun
et se la pète en BM
devant des meufs
fashion victim, il va de soi

dans la mienne
à la nuit tombée
sur des facades usées
des milliers de silences s'éclairent
et dedans, mes parents
qui émargent depuis 40 ans
dans leur bulle

j'ai pas attendu le nouveau président
pour me mettre à courir
c'est en short, que je suis parti voter
dans ma bulle

un conseil
toi, le coureur
concentré sur tes pieds
protégé dans ta bulle

regarde un peu autour de toi
que je ne te frôle pas de trop près
sous peine
que je t'éclate ta bulle





PS: merci à diam's de me rappeler parfois le bon vieux temps.

2007-06-07 09:25:41 : Mes courses seront toujours plus belles que les vôtres - 1 photo - 18 réactions

Et si j'avais envie d'aller courir plus loin que l'horizon
oublier un temps, ce présent qui se glisse entre mes pieds

Me moquer de cette seconde si précieuse
que l'on gagne
que l'on perd

Ne plus avoir mal
à vouloir se comparer
à vouloir se préjuger

Et si j'avais envie d'y croire
l'espace de cet instant
même si c'est pas vrai
même si je me mens

Je ne serai jamais celui que j'aurai voulu être
quelle importance ?
Je cours sur les nuages
et tant mieux
si je suis l'un des vôtres...

2007-06-04 13:57:55 : Contre courants - 1 photo - 34 réactions

Alors que je venais d'acheter le dernier Jogging International, le vendeur, un brin malicieux, m'apostropha dans ces termes :
- C'est vrai que la majorité des coureurs ont voté pour pour le nouveau président ?
Je me contentais de sourire.
j'aurai pu lui répondre dans la foulée, du style -sûrement une bonne moitié, je pense !
Mais j'avais l'humeur badine.
Amusé, je continuais mon chemin en tentant d'imaginer en short, les différents chefs de l'Etat que j'avais côtoyé.

Ce matin, il pleuvait fort.
J'avais trouvé une soluce pour atténuer le point de douleur qui m'agacait la vie depuis plusieurs jours.
Dispositif provisoire avant d'aller voir l'Ami des pieds.
Je me rappelais encore les mots du docteur en 94 après l'IRM qui avait diagnostiqué cette vilaine rupture du LCA.
- Fini la course à pied...
Sur le parcours autour de l'hippodrome de Vincennes, la pluie tombait sans discontinuer.
Je ne croisais qu'un seul coureur au visage renfrogné.
C'était pas un temps à sourire, pourtant, qu'est ce que j'étais bien !
Je me rappelais ces temps Anciens ou courir n'était ni un sport, ni un loisir.
Un dessin, tiré de l'emblématique encyclopédie du jogging (7ème édition) m'avait marqué.
Il était sensé représenté le premier jogger.
On voyait un homme des cavernes s'enfuir devant un dinosaure affamé.

Courir pour Vivre...
Et si c'était ça ?

Trempé, de la tête aux pieds, je regagnais le confort et les murs protecteurs.
J'avais beau dire, j'étais loin des préoccupations de mes lointains ancêtres, sur le qui-vive perpétuel, grelottants au fond d'une grotte, luttants pour leur survie.

L'eau serait chaude, sans doute grâce ou à cause de cette électricité à 70 pour cent nucléaire et je n'avais pas encore la sagesse nécessaire pour trouver les solutions alternatives.
Dans ce petit monde que je m'étais créé, je me souciais plutôt de mon Moi.
Il me restait juste assez d'insolence pour affirmer que nous avions 100 pour cent de chance d'expirer, un jour ou l'autre, notre dernier souffle.

Sur ces pensées, fatalement rassurantes, je laissais le soin aux professionnels de la Question nous raconter le pourquoi du comment qui nous pousse à s'enfuir sur les chemins.

Loin du tumulte, je regardais autour de moi.
J'aimais courir...
tout simplement.

2007-05-30 20:22:12 : Si les Sables m'étaient contés... - 1 photo - 27 réactions

Si je n'avais pas connu le meilleur comme le pire, j'aurai pu me trouver une "foultitude" d'excuses à l'issue de ce championnat de France de semi
Un peu moins d'01h30...sans doute loin de ce qu'on pouvait attendre d'un qualifié, mais était ce vraiment le but recherché ?

J-3 : Sables d'olonne
Le cadre est estival et la mer magnifique.
Il y a 05h encore, je galérais avec ma tribu dans la grisaille et les embouteillages de la Capitale.
Nonchalamment attablé à une terrasse ensoleillé d'une bien sympathique paillote, devant une assiette de merluchons sauce beurre blanc et un verre bien frais de rosé, j'observe, amusé, la plage qui s'anime.
Tandis que de splendides jeunes filles faussement candides, promènent leurs blondeurs dans d'inoffensives vaguelettes sous les noires lunettes avisées d'apollons incroyablement bronzés, je ne peux que me réjouir d'être là.

J-1 :
Le temps a changé,
le vent s'est levé et a ramené le doute et son lot de stress.
Le dernier footing à confirmé la blessure insidieuse qui s'est glissée sous mes pieds.
j'ai beau regarder ces superbes vagues s'écraser avec délectation sur les rochers et me dire que c'est bien beau, je ne peux m'empêcher de ramener tout à ma petite personne.
Demain, je ne pourrais plus faire illusion et cela commençait à m'angoisser.
Je redevenais Humain, enfin...

Jour de la course :
Emmitouflé dans mon coupe vent bien rouge de l'ASA, j'essaye tant bien que mal de me protéger de ce vilain sable cinglant.
Planqué dans une improbable crique laminée par les embruns, derrière ce minuscule rocher, j'arrête pas de grommeler sous l'oeil furibond de madame fortement agacée par mes jérémiades d'avant course.
Je suis un Terrien, moi.
Que pouvais je comprendre aux Hommes de la Mer...
Il est temps pour moi de m'éclipser et de me plonger dans ce que je connais le mieux.
L'ambiance de la compèt
Je rejoins le stade et sa cohorte de coureurs affutés prêts à en découdre.
J'y retrouve un Sedef étincelant dans son beau maillot orange. Je suis admiratif devant ce jeune V2, arrivé sur le tard en CAP et qui dégage pourtant une sérénité de vieux briscard.
C'est son premier France et il donne cette étrange impression d'en avoir couru plusieurs.
Nous rejoignons le rapide F@bien et son charismatique paternel pour l'échauffement.
Face aux violentes rafales, une chose est sûre....nous ne battrons pas nos records aujourd'hui.
De plus en plus perplexe, je rejoins la ligne de départ à pas de vieux loup .
Sur le boudin on peut lire cette inscription.
L'ESSENTIEL C'EST DE PARTICIPER
Je ne peux réprimer un sourire.
Déjà les coureurs se pressent, se jaugent...la tension devient palpable.
J'ai beau relativiser, je suis en train de me demander ce que je fous là !
Nous sommes 2500 avec les Open et moi derrière les meilleurs.
mais pour combien de temps ?
Le départ est lancé en faux plat, l'avenue est large mais on piétine un peu. Le temps de prendre un rond point et nous voilà en bord de mer.
Une foule impressionnante se dresse de part et d'autre des barrières, surtout ne pas s'affoler et trouver le bon rythme, mais le peloton est compact, il faut attendre.
03'56" au premier kilo, c'est toujours ça de pris !
Et nous voilà parti dans un quartier résidentiel beaucoup plus calme. Peu à peu les groupes s'organisent.
Au kilomètre 3, passé en 11'50", je tente de me caler derrière deux V2 et une senior féminine d'Orléans accompagnée de son coach mais la douleur qui s'est invitée sournoisement depuis plusieurs jours maintenant, a décidé de se rappeler fortement à mon bon souvenir.Je commence à trouver mes Wave aéro pas si bien que ça finalement, chaque impact m'obligeant à compenser dangereusement.
KM 5 - 19'55" - J'ai mal aux pieds et ça m'agace.
nous ne sommes pas encore sur la superbe promenade des Sables, ouverte pour l'occasion, à tous les vents de la planète, que je me demande à quoi m'accrocher pour limiter une casse qui se dessine bien sombrement.
Il ne manquerait plus que je me plaigne !
Et cette foule incroyable, massée sur les trottoirs du remblai pour nous regarder souffrir en beauté.
L'occasion unique aussi, dans cet interminable allez retour de croiser les Stars, sublimes dans l'effort puis les suivants tout aussi beaux.
j'aperçois F@bien à leur poursuite, m'a t'il entendu l'encourager ?
Et cet allez qui n'en finit plus, dire qu'il va falloir revenir pour un second tour...mortel !
Sur le retour c'est Sedef que j'entrevois, plus concentré que jamais, il ne devrait plus tarder à revenir sur moi.
Jusqu'au KM 10 (39'58") j'aurai cette vision de ce long ruban de coureurs et de coureuses magnifiés par un soleil qui pointe ses rayons pour rendre l'épreuve encore plus ardente.
De retour dans la zone résidentielle propice à la confidentialité, j'ai le temps de me faire un point de situation perso.
Les nouvelles sont guères rassurantes, j'hésite entre un syndrome de Morton ou la non moins célèbre aponévrose plantaire, à moins que ce ne soit tout bêtement une dégénérescence de mes chers coussinets.
Dans ce délire psychomatique à glacer d'effroi plus d'un Tiendu, je prends conscience que j'arrive au kilomètre 13, endroit statégique par excellence, situé à environ 500m de l'arrivée.
Les premiers abandons se succèdent.
un dernier coup d'oeil à sa montre et le senior qui me devance met les warnings dans un souffle blasé.
Triste réalité de la Course au temps...
Moi ? j'y pense même pas ! Il me suffit d'imaginer ces gars et ces filles sur un cent bornes, à courir 24h ou traverser des déserts pour me sentir bien riquiqui avec mon grain de sable dans la chaussure.
Puis c'est un championnat de France tout de même ! un peu de tenue !
Une heure pile, je viens de franchir la barre des 15...plus d'un en rêverait.
je viens de passer sur la réserve aussi, et ce n'est pas le sucre avalé à la volée qui changera la donne. Pas de miracle. ce n'était pas mes 45 minutes de footing et ma VMA de demi fondeur qui pouvaient me prouver le contraire.
Je connais trop bien ces instants ou la foulée se fait pesante avec cette sensation désagréable de ne plus avancer comme vidé de son énergie.
c'est aussi le moment que choisit Sedef pour me déposer avant l'épingle à cheveux qui nous emmène sur le long retour vers l'arrivée.
Droit dans ses running, appliqué, il ne me laisse même pas son sillage en offrande. J'ai beau crâner en lui donnant un charmant maillot violet en ligne de mire, il s'envole déjà alors que les enceintes crachent l'arrivée du premier.
Il reste 5km et je repense à cet interclub et ce prometteur 17'30" réalisé il y a 3 semaines à peine.
quel drôle de sport !
Je viens de passer en mode footing et je me sens bien fatigué sur le coup.
il me reste bien la barre symbolique des moins d'01h30. Je trouve ce défi envisageable, surtout que je suis rejoins dans cette entreprise par quelques Open qui trouve mon dossard V1 à leur gout.
Nous finirons ensemble ni trop vite ni trop doucement, simplement contents de l'avoir fait sans trop souffrir.
La route avait été longue et elle n'était pas finie pour des centaines d'autres.
J'étais content d'avoir terminé cette très belle épreuve exigeante à souhait; de celle qui forge les caractères.
Il manquait peut être la manière mais je me rappelais les propos d'un ami :
Cours,
cours en pensant à nous, anonymes qui ne connaitrons jamais les honneurs...

C'est avec le sourire que je retrouvais les héros du stade autour de la table de ravitaillement.
Nous pouvions nous trouver toutes les excuses du monde.
Nous étions là,
et c'était déjà grand...

J+3 : Entre l'A6 et l'A86
Je retrouve le temps maussade et les bouchons crispants
Les vacances sont finies
Il va bien falloir rencontrer cet ami des pieds.
J'aurai aimé un tee shirt finischer ou une médaille commémorative.
Je me contenterai de ce post pour me souvenir que j'y étais.
Il suffit de peu de choses parfois,
pour être heureux.

2007-05-21 08:32:45 : -C'est quand même plus facile de se qualifier en vétéran ! - 1 photo - 23 réactions

Ces paroles peuvent toujours raisonner à mes oreilles.
à quoi bon aller plus vite...

j'irai, de toute façon, aux Sables d'Olonne le 26 mai.

Cela s'est joué à la minute, au semi de Paris.
Un bon départ, des lièvres de luxe et assez de fond pour terminer correctement.
Que demander de plus.

je cours depuis assez longtemps pour savoir que je ne battrais plus mes records.

On pourrait débattre des heures sur l'utilité de participer à un championnat de France, surtout quand on passe limite.
Mais rien que d'y penser me fatigue déjà.

Je ne tomberai pas, comme en politique,
dans le triomphalisme facile ou la critique amère.

C'est une sensation toute personnelle que je retiendrais.
Celle de ne rien devoir à personne dans ma démarche.

La course à pied est un loisir que je pratique en compétiteur.
Courir pour une couleur ou pour un clocher ne m'a jamais choqué.
Et, vous vous en doutiez, je ne suis pas le genre à attendre une guerre pour aller défendre un drapeau...

Je suis fier de faire partie des heureux qualifiés pour cette grande fête.
Tout en relativisant l'évènement.
Quand vous êtes conscient de votre niveau, vous pouvez aborder n'importe quelle épreuve.

Il n'y a rien de surhumain à faire moins de 01h21 au semi à plus de 40 ans.
Tout les week end, nous sommes des centaines à le réussir.
Après, c'est une question d'appréciation.
J'y vais ? j'y vais pas ?
Nous sommes seul juge de notre motivation.

Il y a bien cette douleur insidieuse qui est venu s'inviter sous mes grands pieds, ces derniers jours.
Qui me fait prendre cette moue désabusée quand je rentre d'un simple footing.

Est ce une raison pour refuser l'obstacle ?

Je me rappelle toute ces séances de fractionnés, toutes ses sorties au seuil qui m'ont emmené vers l'objectif.
Ce championnat c'est ma cerise perso.

Pas de records, pas de pressions.
j'y suis,
et cela suffit à mon bonheur.

Alors,
J'irai toucher la mer du bout des orteils.
Ferai la course dans les vagues avec ma petite conscience.
en me disant que, finalement,
Le reste n'a plus vraiment d'importance.

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