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2007-06-14 10:17:00 : Saturations

Il y a des jours comme ça,
où la dose prescrite semble dépassée depuis longtemps.

Je hais ces instants de trop-pleins
quand rien n'avance,
quand on ne trouve pas la réponse.

on se dit que c'était la course de trop,
une mauvaise gestion de l'entrainement ou la faute au soleil
pourtant, le lendemain, on y retourne
tel un forçat de la route.

Mais rien n'y fait,
la blessure devient insidieuse.
Des pieds, elle monte à la tête
et on se retrouve à en vouloir au monde entier,
affalé dans son canapé devant sa télé

Ca énerve, bien sûr, madame
qui en marre de se répéter
sur l'entretien tacite de l'appart.
Et ma conscience qui en profite pour me gaver
avec ces histoires de princesses

Il y a des jours comme ça
ou tout m'enchaine ou rien ne va.

Mais ça n'arrive qu'à moi, c'est sûr.
Les autres, ils savent...

il ne me reste plus
qu'à promener un semblant de mélancolie
histoire de se faire plaindre

et je recommencerai
encore et encore
à vous emmener sur ces chemins incertains...

Les réactions

Par avis perso, le 2007-06-14 10:17:40
cette histoire pourrait me concerner
alors n'ayez pas de compassions...
au contraire !

Par Belon, le 2007-06-14 10:29:10

Ce que j'interprète: le capeur mâle doit éviter les tâches ménagères qui sont des risques de blessures...!

C'était bien ça ton message, Mielou ?

Par Baghera, le 2007-06-14 10:30:26
...sur des chemins incertains?? pas si sûr! mais coincé dans sa 'bulle' (ça te rappelle qqchose??)individuelle, on en viendrait à oublier qu'il existe des milliers d'alter ego, capables d'éprouver THE même chose!! Alors, si aujourd'hui tu ne sais que faire, il y a une vie à sauver, en donnant un peu de soi même 'autrement' = plaquettes, plasma ou sang, histoire d'agir en dehors de son nombril, et bien installé aussi sur un fauteuil relax, collation assurée mais pas de mousse!! ugh!!

Par romain, le 2007-06-14 10:35:56
Salut Mielou ,
rhhh la saturation , et pourtant comme tu le dis , on continue, on persiste , on s'entête en dépit de tout ce qu'on sait déjà ...

n'oubliez pas de faire votre demande de carte de donneur d'organes via le net ! faut bien qu'il soit utile , c'est internet ... cette bulle :)

Vississitudes quand tu nous tiens rhhh!

Par gérardM, le 2007-06-14 10:38:45
ne jamais baisser les bras, je jamais douter, toujours rebondir, positiver, une question = une réponse
et la vie continue, toujours plus belle
la course à pied ?
oui, c'est pas mal, ça apporte des joies intenses, alors on continue.
gm

Par une lectrice discrete, le 2007-06-14 10:43:58
Je n'aurais pas du ouvrir ce matin. Le titre pouvait m'avertir …
pas envie de ça, de cette mélancolie, de l'image grise

Mince, je deviens accro de tes sourires ?!

Par Le fonz', le 2007-06-14 10:47:19
je t'emmène à la plage, allons étalonner un peu mon Mielou !

Par gérardM, le 2007-06-14 11:17:55
une plage, un étalon noir,
tiens ça me dit quelque chose
ça me rappelle que je dois aller courir, une nouvelle fois, et très vite sur un 500 m test.
gm

Par Selfa, le 2007-06-14 11:41:31
Je me sens aussi mèlancolique ce matin:
debout dans la cuisine ,en pensant aux reproches de mon mari assis au salon sur mes dépenses futiles ....(que des clichés )Hop
allons tous à la plage avec le fonz ' !!!!!!!
Riri on se calme .........!

Par totø, le 2007-06-14 11:48:44
et il y a quoi derrière les nuages??? patience!!
heu c'est ou la photo c'est superbe!!??

Par , le 2007-06-14 11:50:28
google images...

Par Jean-Pierre Verlaine, le 2007-06-14 12:06:23
Mielou affaibli
Verse par les champs
La mélancolie
Des lièvres boitants.
La mélancolie
Berce de doux chants
Mielou qui s'oublie
Au ménage bien chiant.
Et d'étranges rêves,
Comme des soleils
Courant sur les grèves,
Adistars vermeils,
Défilent sans trêves,
Défilent, pareils
À des grands soleils
Courant sur les grèves.

In Poèmes saturationiens

Par FreddieCatherine, le 2007-06-14 12:34:04
...heureusement que les chemins que nous prenons restent incertains...

..surs? que les chemins sur lesquels on se retourne...
je trouve que le paysage est toujours plus beau devant..même quand on boîte!

..mon troisième oeil est devant, lui aussi..et le tien Sire ?

Par FredddieChasse, le 2007-06-14 12:36:33
..allez Loup,

sortez de derrière ce tronc ! !

oui oui, celui-là, à 20 pas...je ne veux pas compter vos dents...
vos yeux...

Par Delphine, le 2007-06-14 12:43:34
Coucou Mielou,

Bah oui c'est évident: ça n'arrive qu'à toi! Et puis arrête de te faire plaindre hein!!! :o))

Qui n'a pas eu un jour un coup de mou, des points d'interrogation plein la tête, des impressions que tout le monde nous prend la tête...

Je ne sais pas si tu connais Corneille. Dans une des ses chansons il y a ces paroles:
"Je joue au dur chaque jour qui passe
Et les pierres de chaque mur un jour se cassent
Je suis peut-être la roche qu'on croit
Mais je suis plus fragile que je veux qu'on voie."

Après la pluie le beau temps. Bises

Par Mika B, le 2007-06-14 13:00:13
Salut Miélou. Tu signes dans la revue
canaillegraphique:
L'arbre au 1ér plan à droite, c'est bien une nana qui tend les bras et qui offre son corps?
l'arbre à gauche au 1ér plan: c'est bien un mec qui peut plus rien donner?
Les difficultés d'une rencontre:
un charme à droite
Un plat tane à gauche
à+ Mika.

Par Brinouille, le 2007-06-14 13:40:14
Mika c'est vrai on dirait une femme : )

cette semaine ça me ressemble particulièrement cette histoire : )))). la mélancolie et le repos forcé ne sont pas encore là, croisons les doigts !

Par Wimm, le 2007-06-14 14:47:23
J'aime beaucoup tes posts Mielou.

Il y a toujours beaucoup de finesse et de douceur dans les mots utilisés. J'espere juste un jour avoir la chance de pouvoir mettre un visage derriere tout ça...

Par Baghera, le 2007-06-14 15:16:41
[..]la mélancolie existe depuis la nuit des temps, elle est la fille de l'ancienne théorie des humeurs qui prétait à la 'bile(colie)noire (melan)le pouvoir d'engendrer la tristesse.
Reste donc à forcer davantage sur les autres humeurs naturelles : sang, pituite et bile jaune, pour devenir sanguin,flegmatique, colerique et non plus melancolique...??mais est ce 'melancolie' qui touche l'esprit ou bien 'hypocondrie' qui s'adresse aux entrailles?? ;-))
"la mélancolie, c'est le bonheur d'être triste"..Victor Hugo in 'les travailleurs de la mer'

Par mielou, le 2007-06-16 09:56:43
Merci les nostalgiques
point de mélancolie
juste ce chemin incertain
et vos mots...

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2007-06-12 10:19:44 : Dans cette bulle où l'on cours... - 1 photo - 20 réactions

Je souhaite répondre aux intervenants du dernier blog - Dans ta bulle...

J'aime votre diversité d'esprit.
Vous me le prouvez à chaque fois que vous réagissez.


C'est en regardant le clip de diam's que je me suis penché sur les paroles.
On y retrouvait les clichés type qui collent à la peau de ceux qui grandissent dans les cités dortoirs.
J'ai un avis bien personnel sur cette chanteuse.
je retiens qu'elle est partie de rien pour devenir ce qu'elle est.
elle ne s'est pas faite toute seule et à su s'entourer des bonnes personnes
car des petits diamants bruts, il y en a plus que l'on croit mais ils n'auront jamais la chance d'être découverts
Pratiquement tout le monde à déjà entendu ou vu du diam's.
Provocatrice et pas vraiment belle, elle dégage, pourtant, un côté animal farouche qui m'a inspiré.

En transposant une histoire de coureurs j'ai plutôt chercher le pamphlet tout en gardant la dureté d'une froide réalité.
Son histoire de jeune fille, fatalement, prise au piège de la cité devient celle d'un anonyme qui ne se rend plus compte que la course à pied est devenu, essentiellement, son mode de vie.

Maintenant,
Certains se posent, bien sûr, la question de l'intérêt d'une telle démarche.
Répondre que je n'attends rien serait hypocrite.
Pourquoi avoir choisi un site de course à pied si je veux écrire ?
justement parce qu'il est plus difficile de séduire un public qui, à la base, n'en a rien à faire de vos états d'ames.
Rassurez vous, sur les sites spécialisés en écriture c'est encore pire !
puisque l'auteur ne s'arrête qu'à son propre écrit et que le lecteur, avisé, ne se contente que de passer.

Mon projet (eh oui j'en ai un ! ) ne sera ni sur la course à pied, ni sur la banlieue mais sur mon job.
J'irai donc proposer un essai devant un public connaisseur et normalement acquis à ma cause.

Pour en revenir à vous
Au fur et à mesure, vous vous êtes habitué à voir du mielou dans le texte.
Devenant de plus en plus exigeant pour certains.
Tant mieux !
J'aurai pu croire qu'il était aisé d'écrire.

pourtant, la base est simple :

Exemple, je prend un coureur en short et runnings
je lui dessine de grands yeux coquins pour qu'il devienne un coureur de jupons et je rajoute une femme avec un regard extérieur sur la scène et qui lui répond - Tu peux toujours courir !

il en ressort trois avis sur la question
et des milliers de façons de penser ou d'imaginer la suite

On peut apprécier mes perfs en CAP sans pour autant trouver un intérêt dans la façon de le raconter, encore moins sûrement quand il s'agit de trouver une philosophie à l'histoire !
Et vice versa.

Ce blog me permet d'appréhender toutes les situations.
A moi de m'adapter à l'actualité ambiante.
N'est ce pas un des facteurs de la réussite ?

sourire

En remerciant les différents intervenants et les lecteurs discrets

2007-06-10 18:47:54 : Dans ta bulle - 1 photo - 16 réactions

Dans ta bulle
t'as vissé ton ipod
pour pas t'entendre courir
dans ta bulle

sur le bitume
tu prends la running attitude
baskets dernier cri
dans ta bulle

tu crois que t'es pas seul
dans ton trip, dans ton fun
dans ta bulle

t'enquilles les kilo
facile, pas facile
pas d'importance
dans ta bulle

les autres c'est que les autres
qu'ont rien compris
qui mangent macdo
boivent pas que d'l'eau

tout le monde il est beau
tout le monde il est gentil
dans ta bulle

sauf qu'à l'extérieur
ça te fait même plus peur
normal, tu kifes tout seul
dans ta bulle

ouais
dans ta bulle
ça pourrait être ma bulle

alors j'écoute diam's
m'l'a raconter
à moi,
qu'avait déjà 15 ans de cité quand elle est née

pas besoin d'être sorti d'Bondy
pour écrire sa rancoeur
ah ! j'oubliais
pour les vrais de la téci
j'suis qu'un bobo d'banlieue
qui roule en kangoo

Dans Sa bulle
il faut croire que les keums ont des gun
et se la pète en BM
devant des meufs
fashion victim, il va de soi

dans la mienne
à la nuit tombée
sur des facades usées
des milliers de silences s'éclairent
et dedans, mes parents
qui émargent depuis 40 ans
dans leur bulle

j'ai pas attendu le nouveau président
pour me mettre à courir
c'est en short, que je suis parti voter
dans ma bulle

un conseil
toi, le coureur
concentré sur tes pieds
protégé dans ta bulle

regarde un peu autour de toi
que je ne te frôle pas de trop près
sous peine
que je t'éclate ta bulle





PS: merci à diam's de me rappeler parfois le bon vieux temps.

2007-06-07 09:25:41 : Mes courses seront toujours plus belles que les vôtres - 1 photo - 18 réactions

Et si j'avais envie d'aller courir plus loin que l'horizon
oublier un temps, ce présent qui se glisse entre mes pieds

Me moquer de cette seconde si précieuse
que l'on gagne
que l'on perd

Ne plus avoir mal
à vouloir se comparer
à vouloir se préjuger

Et si j'avais envie d'y croire
l'espace de cet instant
même si c'est pas vrai
même si je me mens

Je ne serai jamais celui que j'aurai voulu être
quelle importance ?
Je cours sur les nuages
et tant mieux
si je suis l'un des vôtres...

2007-06-04 13:57:55 : Contre courants - 1 photo - 34 réactions

Alors que je venais d'acheter le dernier Jogging International, le vendeur, un brin malicieux, m'apostropha dans ces termes :
- C'est vrai que la majorité des coureurs ont voté pour pour le nouveau président ?
Je me contentais de sourire.
j'aurai pu lui répondre dans la foulée, du style -sûrement une bonne moitié, je pense !
Mais j'avais l'humeur badine.
Amusé, je continuais mon chemin en tentant d'imaginer en short, les différents chefs de l'Etat que j'avais côtoyé.

Ce matin, il pleuvait fort.
J'avais trouvé une soluce pour atténuer le point de douleur qui m'agacait la vie depuis plusieurs jours.
Dispositif provisoire avant d'aller voir l'Ami des pieds.
Je me rappelais encore les mots du docteur en 94 après l'IRM qui avait diagnostiqué cette vilaine rupture du LCA.
- Fini la course à pied...
Sur le parcours autour de l'hippodrome de Vincennes, la pluie tombait sans discontinuer.
Je ne croisais qu'un seul coureur au visage renfrogné.
C'était pas un temps à sourire, pourtant, qu'est ce que j'étais bien !
Je me rappelais ces temps Anciens ou courir n'était ni un sport, ni un loisir.
Un dessin, tiré de l'emblématique encyclopédie du jogging (7ème édition) m'avait marqué.
Il était sensé représenté le premier jogger.
On voyait un homme des cavernes s'enfuir devant un dinosaure affamé.

Courir pour Vivre...
Et si c'était ça ?

Trempé, de la tête aux pieds, je regagnais le confort et les murs protecteurs.
J'avais beau dire, j'étais loin des préoccupations de mes lointains ancêtres, sur le qui-vive perpétuel, grelottants au fond d'une grotte, luttants pour leur survie.

L'eau serait chaude, sans doute grâce ou à cause de cette électricité à 70 pour cent nucléaire et je n'avais pas encore la sagesse nécessaire pour trouver les solutions alternatives.
Dans ce petit monde que je m'étais créé, je me souciais plutôt de mon Moi.
Il me restait juste assez d'insolence pour affirmer que nous avions 100 pour cent de chance d'expirer, un jour ou l'autre, notre dernier souffle.

Sur ces pensées, fatalement rassurantes, je laissais le soin aux professionnels de la Question nous raconter le pourquoi du comment qui nous pousse à s'enfuir sur les chemins.

Loin du tumulte, je regardais autour de moi.
J'aimais courir...
tout simplement.

2007-05-30 20:22:12 : Si les Sables m'étaient contés... - 1 photo - 27 réactions

Si je n'avais pas connu le meilleur comme le pire, j'aurai pu me trouver une "foultitude" d'excuses à l'issue de ce championnat de France de semi
Un peu moins d'01h30...sans doute loin de ce qu'on pouvait attendre d'un qualifié, mais était ce vraiment le but recherché ?

J-3 : Sables d'olonne
Le cadre est estival et la mer magnifique.
Il y a 05h encore, je galérais avec ma tribu dans la grisaille et les embouteillages de la Capitale.
Nonchalamment attablé à une terrasse ensoleillé d'une bien sympathique paillote, devant une assiette de merluchons sauce beurre blanc et un verre bien frais de rosé, j'observe, amusé, la plage qui s'anime.
Tandis que de splendides jeunes filles faussement candides, promènent leurs blondeurs dans d'inoffensives vaguelettes sous les noires lunettes avisées d'apollons incroyablement bronzés, je ne peux que me réjouir d'être là.

J-1 :
Le temps a changé,
le vent s'est levé et a ramené le doute et son lot de stress.
Le dernier footing à confirmé la blessure insidieuse qui s'est glissée sous mes pieds.
j'ai beau regarder ces superbes vagues s'écraser avec délectation sur les rochers et me dire que c'est bien beau, je ne peux m'empêcher de ramener tout à ma petite personne.
Demain, je ne pourrais plus faire illusion et cela commençait à m'angoisser.
Je redevenais Humain, enfin...

Jour de la course :
Emmitouflé dans mon coupe vent bien rouge de l'ASA, j'essaye tant bien que mal de me protéger de ce vilain sable cinglant.
Planqué dans une improbable crique laminée par les embruns, derrière ce minuscule rocher, j'arrête pas de grommeler sous l'oeil furibond de madame fortement agacée par mes jérémiades d'avant course.
Je suis un Terrien, moi.
Que pouvais je comprendre aux Hommes de la Mer...
Il est temps pour moi de m'éclipser et de me plonger dans ce que je connais le mieux.
L'ambiance de la compèt
Je rejoins le stade et sa cohorte de coureurs affutés prêts à en découdre.
J'y retrouve un Sedef étincelant dans son beau maillot orange. Je suis admiratif devant ce jeune V2, arrivé sur le tard en CAP et qui dégage pourtant une sérénité de vieux briscard.
C'est son premier France et il donne cette étrange impression d'en avoir couru plusieurs.
Nous rejoignons le rapide F@bien et son charismatique paternel pour l'échauffement.
Face aux violentes rafales, une chose est sûre....nous ne battrons pas nos records aujourd'hui.
De plus en plus perplexe, je rejoins la ligne de départ à pas de vieux loup .
Sur le boudin on peut lire cette inscription.
L'ESSENTIEL C'EST DE PARTICIPER
Je ne peux réprimer un sourire.
Déjà les coureurs se pressent, se jaugent...la tension devient palpable.
J'ai beau relativiser, je suis en train de me demander ce que je fous là !
Nous sommes 2500 avec les Open et moi derrière les meilleurs.
mais pour combien de temps ?
Le départ est lancé en faux plat, l'avenue est large mais on piétine un peu. Le temps de prendre un rond point et nous voilà en bord de mer.
Une foule impressionnante se dresse de part et d'autre des barrières, surtout ne pas s'affoler et trouver le bon rythme, mais le peloton est compact, il faut attendre.
03'56" au premier kilo, c'est toujours ça de pris !
Et nous voilà parti dans un quartier résidentiel beaucoup plus calme. Peu à peu les groupes s'organisent.
Au kilomètre 3, passé en 11'50", je tente de me caler derrière deux V2 et une senior féminine d'Orléans accompagnée de son coach mais la douleur qui s'est invitée sournoisement depuis plusieurs jours maintenant, a décidé de se rappeler fortement à mon bon souvenir.Je commence à trouver mes Wave aéro pas si bien que ça finalement, chaque impact m'obligeant à compenser dangereusement.
KM 5 - 19'55" - J'ai mal aux pieds et ça m'agace.
nous ne sommes pas encore sur la superbe promenade des Sables, ouverte pour l'occasion, à tous les vents de la planète, que je me demande à quoi m'accrocher pour limiter une casse qui se dessine bien sombrement.
Il ne manquerait plus que je me plaigne !
Et cette foule incroyable, massée sur les trottoirs du remblai pour nous regarder souffrir en beauté.
L'occasion unique aussi, dans cet interminable allez retour de croiser les Stars, sublimes dans l'effort puis les suivants tout aussi beaux.
j'aperçois F@bien à leur poursuite, m'a t'il entendu l'encourager ?
Et cet allez qui n'en finit plus, dire qu'il va falloir revenir pour un second tour...mortel !
Sur le retour c'est Sedef que j'entrevois, plus concentré que jamais, il ne devrait plus tarder à revenir sur moi.
Jusqu'au KM 10 (39'58") j'aurai cette vision de ce long ruban de coureurs et de coureuses magnifiés par un soleil qui pointe ses rayons pour rendre l'épreuve encore plus ardente.
De retour dans la zone résidentielle propice à la confidentialité, j'ai le temps de me faire un point de situation perso.
Les nouvelles sont guères rassurantes, j'hésite entre un syndrome de Morton ou la non moins célèbre aponévrose plantaire, à moins que ce ne soit tout bêtement une dégénérescence de mes chers coussinets.
Dans ce délire psychomatique à glacer d'effroi plus d'un Tiendu, je prends conscience que j'arrive au kilomètre 13, endroit statégique par excellence, situé à environ 500m de l'arrivée.
Les premiers abandons se succèdent.
un dernier coup d'oeil à sa montre et le senior qui me devance met les warnings dans un souffle blasé.
Triste réalité de la Course au temps...
Moi ? j'y pense même pas ! Il me suffit d'imaginer ces gars et ces filles sur un cent bornes, à courir 24h ou traverser des déserts pour me sentir bien riquiqui avec mon grain de sable dans la chaussure.
Puis c'est un championnat de France tout de même ! un peu de tenue !
Une heure pile, je viens de franchir la barre des 15...plus d'un en rêverait.
je viens de passer sur la réserve aussi, et ce n'est pas le sucre avalé à la volée qui changera la donne. Pas de miracle. ce n'était pas mes 45 minutes de footing et ma VMA de demi fondeur qui pouvaient me prouver le contraire.
Je connais trop bien ces instants ou la foulée se fait pesante avec cette sensation désagréable de ne plus avancer comme vidé de son énergie.
c'est aussi le moment que choisit Sedef pour me déposer avant l'épingle à cheveux qui nous emmène sur le long retour vers l'arrivée.
Droit dans ses running, appliqué, il ne me laisse même pas son sillage en offrande. J'ai beau crâner en lui donnant un charmant maillot violet en ligne de mire, il s'envole déjà alors que les enceintes crachent l'arrivée du premier.
Il reste 5km et je repense à cet interclub et ce prometteur 17'30" réalisé il y a 3 semaines à peine.
quel drôle de sport !
Je viens de passer en mode footing et je me sens bien fatigué sur le coup.
il me reste bien la barre symbolique des moins d'01h30. Je trouve ce défi envisageable, surtout que je suis rejoins dans cette entreprise par quelques Open qui trouve mon dossard V1 à leur gout.
Nous finirons ensemble ni trop vite ni trop doucement, simplement contents de l'avoir fait sans trop souffrir.
La route avait été longue et elle n'était pas finie pour des centaines d'autres.
J'étais content d'avoir terminé cette très belle épreuve exigeante à souhait; de celle qui forge les caractères.
Il manquait peut être la manière mais je me rappelais les propos d'un ami :
Cours,
cours en pensant à nous, anonymes qui ne connaitrons jamais les honneurs...

C'est avec le sourire que je retrouvais les héros du stade autour de la table de ravitaillement.
Nous pouvions nous trouver toutes les excuses du monde.
Nous étions là,
et c'était déjà grand...

J+3 : Entre l'A6 et l'A86
Je retrouve le temps maussade et les bouchons crispants
Les vacances sont finies
Il va bien falloir rencontrer cet ami des pieds.
J'aurai aimé un tee shirt finischer ou une médaille commémorative.
Je me contenterai de ce post pour me souvenir que j'y étais.
Il suffit de peu de choses parfois,
pour être heureux.

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